Pétrole : le Brent recule de plus de 3 % pendant les négociations sur la guerre en Iran

Le pétrole a nettement reculé dans les premiers échanges du lundi 2 novembre, le Brent revenant vers 110 dollars le baril, alors que des discussions indirectes entre l’Iran et les États-Unis se poursuivent au Qatar. Le détroit d’Ormuz reste au centre des enjeux d’approvisionnement et aucun accord de réouverture n’est encore annoncé.

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Pétrole : le Brent recule de plus de 3 % pendant les négociations sur la guerre en Iran © L'EnerGeek

Les cours du pétrole ont fortement reculé lundi 2 novembre 2026, alors que des discussions indirectes se poursuivent au Qatar pour tenter de mettre fin à la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Vers 4 h 07 GMT, le Brent perdait 3,68 dollars, à 109,75 dollars le baril, et le brut américain WTI reculait à 100,69 dollars, selon les données de marché rapportées par Reuters. Il s’agit d’une photographie des échanges, pas d’un cours de clôture.

Le repli intervient après une période de forte tension sur les prix, nourrie par les perturbations du transport maritime au Moyen-Orient. Les négociateurs iraniens et les médiateurs qataris ont poursuivi dimanche une troisième journée de consultations, en liaison avec Washington. Les discussions restent ouvertes et aucun accord définitif n’a été annoncé.

Pourquoi les négociations sur l’Iran pèsent sur le prix du pétrole

Les opérateurs surveillent d’abord le détroit d’Ormuz, passage essentiel aux exportations énergétiques du Golfe. Les attaques contre des navires et les restrictions de circulation ont augmenté les coûts du transport et compliqué les livraisons. Une désescalade crédible pourrait réduire la prime de risque intégrée aux prix du brut ; à l’inverse, une reprise des hostilités maintiendrait la pression sur les marchés.

Selon Reuters, dans son compte rendu des pourparlers du 1er novembre, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a indiqué que les consultations progressaient. Téhéran dit rester prêt à la diplomatie comme à la défense. Une proposition évoquée dans les discussions prévoirait une réouverture du détroit dans les deux jours suivant un éventuel accord, mais ses conditions ne sont pas arrêtées.

Le Guardian rapporte que les échanges portent notamment sur les restrictions frappant les exportations pétrolières iraniennes et sur des avoirs gelés. Les positions des parties demeurent éloignées sur plusieurs points, ce qui rend l’issue des négociations incertaine.

Une baisse des cours qui ne règle pas les difficultés d’approvisionnement

Le Brent avait terminé la semaine précédente près de 118 dollars le baril. Le mouvement de lundi traduit un changement rapide de perception du risque, après les gains récents, plutôt qu’un rétablissement déjà constaté de tous les flux maritimes. Les tarifs de fret, les conditions d’assurance et la disponibilité des cargaisons continuent de dépendre de la sécurité réelle des routes commerciales.

Pour l’Europe, les conséquences concernent le pétrole brut, les produits raffinés et, indirectement, le marché du gaz naturel liquéfié. Les difficultés de transport dans le Golfe peuvent déplacer la demande vers d’autres fournisseurs et modifier les coûts d’approvisionnement. Une baisse ponctuelle du Brent ne se répercute pas immédiatement ni intégralement sur les prix à la pompe ou sur les contrats de fourniture.

L’OPEP+ garde ses objectifs de décembre inchangés

Un autre élément encadre les échanges : sept producteurs de l’OPEP+ ont décidé dimanche de maintenir pour décembre leurs objectifs de production au niveau requis pour septembre. Le communiqué officiel de l’organisation précise que l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman ont participé à cette décision. Leur prochaine réunion est prévue le 29 novembre.

Ces quotas déterminent des objectifs, mais les volumes réellement exportés restent tributaires des installations, des transports et des contraintes de sécurité. La poursuite des pourparlers de Doha et l’évolution de la navigation à Ormuz seront donc déterminantes pour apprécier la solidité du repli pétrolier observé ce lundi.

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