Raffineries européennes : Bruxelles veut renforcer la production de gazole et de kérosène

La Commission européenne a réuni le 28 octobre les raffineurs, les producteurs de carburants alternatifs et des représentants de l’OTAN pour sécuriser l’approvisionnement en gazole et en carburant aérien. Bruxelles annonce un travail technique sur les capacités de production et une feuille de route industrielle, sans nouvelle mesure réglementaire immédiate.

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Raffineries européennes : Bruxelles veut renforcer la production de gazole et de kérosène © L'EnerGeek

La Commission européenne a ouvert, mercredi 28 octobre 2026, un dialogue de haut niveau avec les raffineurs du continent. Au centre des discussions : la disponibilité du gazole et du carburant aérien, deux produits indispensables aux transports, à l’activité économique et aux forces armées. La rencontre, conduite par les commissaires Dan Jørgensen, chargé de l’énergie, et Andrius Kubilius, chargé de la défense, a également réuni des représentants de l’OTAN.

Selon le compte rendu de la Commission européenne, les participants ont examiné les possibilités de mieux utiliser les capacités de raffinage existantes et de rendre les chaînes d’approvisionnement moins vulnérables aux perturbations internationales. Le contexte est celui des tensions sur les marchés des carburants liées au conflit au Moyen-Orient.

Une priorité immédiate : préserver les capacités de production européennes

La question ne porte pas uniquement sur les volumes de pétrole brut disponibles. Il faut aussi disposer d’installations capables de transformer ce brut en produits répondant aux besoins des transporteurs, des compagnies aériennes et des armées. D’après la présentation sectorielle de la Commission, les raffineries de l’Union produisent environ 70 % du carburant aérien et 85 % du gazole consommés en Europe.

Ces proportions montrent l’importance de la production intérieure, mais aussi le rôle persistant des importations. Les raffineries européennes sont confrontées à des coûts énergétiques élevés, à la concurrence internationale et à la nécessité d’investir dans des équipements adaptés à l’évolution de la demande.

La Commission avait déjà constaté, à l’issue de la réunion de son groupe de coordination pétrolier du 21 octobre, que les marchés du gazole et du carburant aérien demeuraient tendus. Elle ne signalait alors pas de pénurie physique de ces produits en Europe, mais maintenait une surveillance renforcée avec les États membres et l’Agence internationale de l’énergie.

Une dimension militaire désormais intégrée au débat énergétique

La présence de l’OTAN à la réunion souligne le caractère stratégique des carburants raffinés. Les avions militaires, les véhicules lourds et les dispositifs logistiques dépendent d’un approvisionnement continu, y compris lorsqu’une crise provoque une hausse rapide des besoins.

Le commissaire à la défense Andrius Kubilius a insisté sur la capacité de l’Europe à augmenter sa production en cas de conflit. Selon les propos recueillis par Euronews le 28 octobre, les approvisionnements sont actuellement suffisants, mais une mobilisation militaire pourrait faire fortement progresser la demande. L’enjeu concerne aussi les infrastructures de stockage et de distribution, notamment les liaisons permettant d’acheminer rapidement du carburant vers les zones où il serait nécessaire.

Pour la France, ces discussions touchent à la fois les activités civiles et la sécurité d’approvisionnement des forces armées. Les raffineries, les dépôts, les réseaux logistiques et les fournisseurs de carburants s’inscrivent dans un marché européen interdépendant : une perturbation de production ou de transport dans un pays peut affecter les conditions d’approvisionnement de ses voisins.

Une feuille de route industrielle, pas encore de nouvelles règles

À l’issue de la réunion, Dan Jørgensen a annoncé que la Commission travaillerait avec les entreprises à une feuille de route commune pour l’avenir du raffinage européen. L’objectif affiché associe maintien de capacités stratégiques et investissements dans les biocarburants durables et les carburants de synthèse.

Les industriels ont présenté des propositions qui doivent désormais être examinées. Le compte rendu de la conférence de presse publié par Eunews évoque la poursuite des échanges techniques et une nouvelle rencontre au début de 2027. Aucune dérogation technique précise, aucun nouveau financement et aucune réduction garantie des prix à la pompe n’ont été annoncés à ce stade.

La transformation des raffineries pose également une question de calendrier. Les besoins actuels en gazole et en kérosène doivent être couverts alors que l’Union cherche à réduire progressivement sa dépendance aux combustibles fossiles. Les investissements décidés aujourd’hui devront donc tenir compte de l’évolution future des carburants et des usages.

Les prochaines discussions devront préciser quelles capacités peuvent être mobilisées à court terme, quels investissements sont nécessaires et comment les besoins de défense seront intégrés à la planification énergétique. Pour les consommateurs français, l’effet éventuel sur les prix dépendra ensuite des volumes réellement disponibles, des cours internationaux et des coûts de distribution.

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