Taylor Hunt, membre de l’Autorité de pêche de Victoria, a déclaré en mai 2026 que l’on avait constaté une magnifique augmentation du nombre de morues de Murray, et qu’elles étaient désormais de retour et en bonne condition, rapporte Diario Uno. Il a ajouté que cela avait été remarqué dans leurs relevés scientifiques, et qu’ils venaient de terminer une grande étude sur la pêche récréative dans laquelle les pêcheurs leur avaient dit qu’ils en voyaient partout.
La morue de Murray, ou Maccullochella peelii, est le plus grand prédateur d’eau douce d’Australie. Elle peut peser jusqu’à 60 kilogrammes et figure parmi les prises les plus recherchées de la pêche sportive. L’espèce reste pourtant en danger d’extinction depuis des années, victime de la surpêche et de la disparition progressive de son habitat.
Ce déclin a fini par déséquilibrer tout l’écosystème du bassin du Murray-Darling, entre Victoria et Nouvelle-Galles du Sud : en l’absence de ce prédateur, la carpe européenne a gagné du terrain, tandis que des algues toxiques comme les cyanobactéries se sont multipliées dans les eaux du fleuve.
4 450 troncs replongés entre 2007 et 2010
C’est pour inverser cette tendance que l’Autorité du bassin Murray-Darling a lancé en 2006 le programme « The Living Murray ». L’objectif : restituer au fleuve 4 450 troncs d’arbres, pour remplacer la végétation retirée au fil du temps au profit de l’industrie et de l’activité commerciale. L’opération s’est étalée entre 2007 et 2010 sur un tronçon de 110 kilomètres, entre le lac Hume, où se trouve un important barrage, et le lac Mulwala.
Ces troncs ont recréé les conditions nécessaires à la reproduction et à l’alimentation de la morue, en particulier dans les courants lents où prolifèrent les petites espèces dont elle se nourrit. Les autorités ont ensuite suivi les populations grâce à un système de marquage électronique, maintenu jusqu’en 2013.
Au terme d’un suivi scientifique de sept ans, les chercheurs ont constaté que la population de morues avait triplé dans la zone restaurée, et que la densité de perche dorée avait doublé. Dans les tronçons laissés sans intervention, les effectifs avaient au contraire diminué ou simplement fluctué.
Des rivières encore à la traîne
Les relevés les plus récents confirment cette dynamique de reprise, mais de façon inégale selon les cours d’eau. Dans la rivière Ovens, les chercheurs ont dénombré plus de 110 spécimens par kilomètre. Une récupération comparable a été observée dans les rivières Goulburn et Lodden.
La situation reste en revanche beaucoup plus fragile ailleurs dans le bassin : dans la rivière Darling, l’espèce n’a toujours pas repris le terrain cédé à d’autres animaux, et son observation demeure rare dans le tronçon inférieur du Murray.
Pour préserver cette reprise encore partielle, les États de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria imposent des règles strictes aux pêcheurs : seuls les spécimens mesurant entre 55 et 75 centimètres peuvent être conservés. Tout poisson plus petit ou plus grand doit être remis à l’eau.






