Diesel : marges de raffinage atteignent 95 $/bl, une crise technique en vue

Les marges de raffinage du diesel ont atteint un sommet historique de 95 dollars le baril en septembre 2026, révélant une tension extrême sur les capacités de transformation. L’Agence internationale de l’énergie prévoit la persistance de cette anomalie jusqu’en 2027, malgré une reprise programmée du raffinage mondial.

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Diesel : marges de raffinage atteignent 95 $/bl, une crise technique en vue
Diesel : marges de raffinage atteignent 95 $/bl, une crise technique en vue © L'EnerGeek

En septembre 2026, les marges de raffinage du diesel ont atteint un niveau record de 95 dollars par baril, révélant une tension extrême sur les capacités de transformation du pétrole brut. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cette situation pourrait persister jusqu’en 2027, malgré une reprise prévue des activités de raffinage.

Une explosion des marges de raffinage

En septembre 2026, la marge de raffinage du diesel a atteint 95 dollars le baril, un record historique. Cette marge, qui est la différence entre le prix de vente du diesel raffiné et le coût du pétrole brut, oscille habituellement entre 15 et 25 dollars selon l’AIE. Ce quintuplement indique une rupture majeure dans l’approvisionnement, permettant aux raffineurs de réaliser d’importants profits tout en illustrant une rareté critique du diesel sur les marchés mondiaux.

Les marges de raffinage, ou crack spread, reflètent la rentabilité du processus de transformation du pétrole brut en diesel. Elles se calculent en soustrayant le coût du brut au prix du produit raffiné. Avec des coûts opérationnels compris entre 5 et 8 dollars par baril, une marge de 95 dollars permet aux raffineurs de dégager un profit net de 85 à 90 dollars par baril, signalant un déséquilibre profond entre l’offre et la demande.

Déficit d’approvisionnement : 1,3 Mb/j perdus

En septembre 2026, les exportations de gazole du Moyen-Orient et de la Russie ont chuté de 1,3 million de barils par jour, soit 4,5 % de la demande mondiale prévue pour l’année. Les conflits au Moyen-Orient ont réduit les capacités d’exportation de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, tandis que les sanctions et contre-mesures russes ont perturbé les circuits commerciaux traditionnels, réduisant les flux vers l’Europe et augmentant les délais et coûts logistiques.

Normalement, le troisième trimestre est dédié à la reconstitution des stocks de diesel avant l’hiver. Cependant, l’AIE a signalé une baisse des stocks à cette période, illustrant l’incapacité du système à absorber les chocs d’approvisionnement. Entre juillet et septembre 2026, les réserves commerciales des pays de l’OCDE ont diminué de 8 %, tandis que les stocks stratégiques ont permis d’amortir partiellement le choc.

Perspectives de reprise du raffinage

L’AIE prévoit une reprise des activités de raffinage mondiale à la fin de 2026. En Europe et en Asie, les raffineries devraient augmenter leur capacité d’utilisation de 75-80 % à 90-95 %. Aux États-Unis, plusieurs unités reprendront leur activité en novembre-décembre, augmentant la capacité mondiale de raffinage de 2,1 millions de barils par jour entre octobre 2026 et mars 2027. Cependant, le déficit accumulé en 2026 ne sera pas rapidement comblé.

Le déficit cumulé de diesel est estimé à 180 millions de barils entre janvier et septembre 2026. Même avec une reprise, la production supplémentaire ne comblera pas ce retard avant mi-2027. L’AIE avertit que les turbulences pourraient persister en l’absence de résolution des conflits au Moyen-Orient. L’offre mondiale de pétrole devrait augmenter de 7,7 millions de barils par jour en 2027, mais les attaques sur les infrastructures énergétiques pourraient compromettre cette trajectoire. Les marges de raffinage devraient rester élevées jusqu’à ce que les stocks se reconstituent, probablement pas avant le second semestre 2027.

La crise du diesel met en lumière la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement énergétique face aux chocs géopolitiques. Seule une normalisation des capacités de production et des flux commerciaux pourra résoudre ce déséquilibre technique. En attendant, les secteurs dépendants du diesel devront faire face à des coûts élevés.

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