« Il me faudrait 20 ans pour amortir ce mode de chauffage, car je n’ai droit à aucune aide. » Rémy, 70 ans, retraité à Valff, dans le Bas-Rhin, a fait ses comptes. Dans un entretien accordé au Dauphiné Libéré, il explique pourquoi il renonce à remplacer sa chaudière au fioul par une pompe à chaleur : la facture est trop lourde à ses yeux.
Sa maison fait 120 m², équipée d’un chauffage au sol. En 2025, il a payé environ 1 200 euros pour se chauffer au fioul. Installer une pompe à chaleur lui coûterait, selon son estimation, 15 000 euros, auxquels s’ajouteraient environ 60 euros de fonctionnement par mois. Sans la moindre aide, l’amortissement s’étale sur décennies.
Des devis qui grimpent jusqu’à 35 000 euros
Thierry, 72 ans, vit dans une vieille maison de 150 m² à Autrans, en Isère. Sa consommation de fioul lui coûte environ 1 100 euros par an. Les devis qu’il a reçus pour une chaudière à granulés ou une pompe à chaleur air/eau se situent entre 25 000 et 35 000 euros. Lui non plus n’est éligible à aucune aide. « Il me faudrait des années pour rentabiliser l’investissement », confie-t-il.
D’autres témoignages vont dans le même sens. Pierre, 65 ans, installé à Cosswiller, dans le Bas-Rhin, redoute surtout une facture d’électricité qui s’envolerait avec les basses températures. Roland, 87 ans, à Rixheim, dans le Haut-Rhin, chauffe déjà son logement à 23 ou 24 degrés et assure n’avoir jamais froid, alors que des amis équipés de pompes à chaleur ont dû installer des chauffages d’appoint sans jamais réellement se réchauffer.
Nathalie, elle, âgée de 62 ans, ne voit aucun intérêt à changer : sa chaudière au fioul lui coûte entre 700 et 1 200 euros par an, plus 180 euros de contrat d’entretien.
Aucune obligation de remplacement
Le fioul reste une énergie fossile fortement émettrice de CO2, dont l’usage doit reculer dans le cadre de la transition énergétique. Depuis 2022, il est interdit d’installer une nouvelle chaudière au fioul fossile, sauf impossibilité technique justifiée. Les chaudières déjà en place peuvent en revanche continuer à fonctionner, être entretenues, réparées et alimentées en fioul ou en biofioul.
Le gouvernement vise une disparition progressive du chauffage au fioul à l’horizon 2030. Mais à ce jour, aucune obligation ne contraint les particuliers à remplacer leur chaudière existante.






