L’usage du fioul domestique en France a fortement baissé ces vingt dernières années, d’après une étude de l’Insee. En vingt ans, le nombre de ménages chauffés au fioul est passé de 4,6 millions en 2006 à 2,6 millions en 2022. Aujourd’hui, moins de 9 % des ménages français utilisent le fioul pour le chauffage, ce qui illustre bien la transition énergétique en cours dans l’Hexagone. Cela dit, cette évolution n’est pas la même partout : certaines régions tiennent encore plus que d’autres.
Pourquoi le fioul perd du terrain
Plusieurs éléments expliquent cette baisse. D’abord, la transition écologique pousse de nombreux foyers à abandonner cette énergie fossile, perçue comme polluante. Depuis juillet 2022, la loi française interdit l’installation de nouvelles chaudières 100 % fioul, qualifiées de « très polluantes ». Dans ce cadre, des alternatives moins nocives pour l’environnement se développent, comme le biofioul ou les pompes à chaleur. Le biofioul permet déjà d’incorporer 30 % d’huile de colza, avec pour objectif d’atteindre 100 % d’ici 2030.
Autrefois très répandu, le chauffage au fioul est désormais « devenu très rare en ville ». En milieu rural, en revanche, il « fait de la résistance » : habitudes et pratiques sont différentes, ce qui empêche une homogénéité totale. Le cas du département des Deux-Sèvres illustre bien cette persistance : 23,4 % des résidences y utilisaient encore le fioul en 2022, soit plus de deux fois et demie la moyenne nationale. Néanmoins, ce chiffre reste en net recul par rapport aux 41,2 % observés en 2006.
Témoignages et points de vue
La transition ne fait pas tomber toutes les réticences. Juliette, retraitée de 73 ans vivant en Alsace, incarne cette résistance. Interviewée par Europe 1, elle raconte : « Ma grand-mère déjà avait des poêles au fioul » et dit préférer la « chaleur douce et agréable » de ce chauffage. Son fils l’a poussée à installer une pompe à chaleur, mais elle refuse le changement « vu le budget ».
Florian Schuzger, responsable chez Alliance Energies, pense que « le biofioul a encore de l’avenir ». Beaucoup partagent cette vision et, face à des facteurs économiques et géopolitiques changeants, choisissent de garder leur chaudière fioul pour l’instant. Schuzger rappelle aussi que « le client peut installer une chaudière biofioul », ce qui permet une transition entre l’ancien et le nouveau.






