Les chauffagistes sont unanimes : l’eau qui coule de votre climatiseur a une seconde vie que la plupart des gens ignorent complètement

Jusqu’à 20 litres par jour finissent à l’égout sans que personne y pense. Pourtant cette eau presque pure cache des pièges insoupçonnés. Voici ce qu’il faut absolument savoir avant de la réutiliser chez vous.

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Les chauffagistes sont unanimes : l'eau qui coule de votre climatiseur a une seconde vie que la plupart des gens ignorent complètement
Les chauffagistes sont unanimes : l’eau qui coule de votre climatiseur a une seconde vie que la plupart des gens ignorent complètement © L'EnerGeek

Depuis plusieurs semaines, les climatiseurs tournent parfois plusieurs heures par jour. Et sous chaque appareil, un tuyau évacue en continu une eau que presque personne ne songe à récupérer. Elle finit dans la gouttière ou directement sur le trottoir, alors qu’elle pourrait servir à plusieurs usages domestiques, à condition de respecter certaines règles.

Cette eau n’a rien à voir avec le circuit de refroidissement de l’appareil. Elle provient de la condensation : quand le climatiseur refroidit l’air ambiant, il capte au passage l’humidité présente dans la pièce. L’air chaud traverse l’évaporateur, un échangeur très froid, et la vapeur d’eau se condense sur ses ailettes avant de tomber dans un bac à condensats, puis de s’écouler par un tuyau vers l’extérieur.

Des experts en climatisation cités par le média espagnol Okdiario résument la règle en une phrase : « Il ne faut pas jeter l’eau qui goutte de la climatisation ».

Jusqu’à 20 litres par jour, une eau proche du distillé

Les volumes en jeu surprennent souvent. Des guides spécialisés estiment qu’un climatiseur domestique produit entre 0,5 et 4 litres d’eau par heure, soit entre 10 et 20 litres par jour en plein été selon la chaleur et le taux d’humidité. En quelques heures de fonctionnement par forte chaleur, un simple seau posé sous le tuyau d’évacuation peut se remplir plus vite qu’on ne l’imagine, l’équivalent d’un arrosoir rempli sans même s’en rendre compte.

Sur le plan de la composition, cette eau ressemble à de l’eau distillée : très peu de minéraux, et généralement pas de chlore, puisque seule l’humidité de l’air a été captée. Son atout principal tient dans l’absence quasi totale de calcaire, ce qui explique qu’elle ne laisse aucune trace blanche sur les surfaces une fois séchée.

Mais cette pureté apparente ne dit rien de sa qualité sanitaire. Même limpide à l’œil, l’eau a circulé dans les conduits, le bac de récupération et divers composants de l’appareil, accumulant au passage poussières, particules métalliques, résidus de produits de nettoyage et micro-organismes.

Le circuit de climatisation retient aussi saletés et biofilm dans le bac à condensats et le tuyau d’évacuation, que l’eau entraîne à chaque goutte. Des experts interrogés par Okdiario sont catégoriques : « Cette eau ne doit pas être traitée comme de l’eau potable, ni pour boire, ni pour cuisiner, laver des aliments, remplir des abreuvoirs pour animaux, des aquariums, des humidificateurs, des fers à repasser ni pour aucun geste d’hygiène personnelle ».

Laver la voiture, oui ; arroser les tomates, non

L’usage le plus évident reste le ménage, rapporte L’Internaute. Sa faible teneur en calcaire en fait une alliée pour laver les vitres, les sols, la salle de bains ou la terrasse, sans laisser de traces au séchage. Elle convient aussi pour rincer la carrosserie d’une voiture sans marques disgracieuses, dépoussiérer les meubles ou nettoyer le mobilier de jardin.

Les jours de canicule, elle peut même servir à rafraîchir une terrasse ou un balcon brûlants, sans puiser dans l’eau potable, en suivant les recommandations pour garder les logements frais.

Côté jardin, la prudence s’impose davantage. Cette eau peut arroser des plantes ornementales non comestibles, hortensias et azalées en particulier apprécient une eau peu minéralisée, mais jamais comme unique source d’arrosage : l’absence de minéraux ne convient pas à toutes les variétés sur le long terme, et il vaut mieux alterner avec de l’eau classique, qui apporte les nutriments dont les plantes ont besoin.

Pour les légumes, herbes aromatiques et arbres fruitiers en revanche, l’usage est déconseillé, en raison des résidus ou micro-organismes que l’eau peut transporter.

  • Ne jamais boire cette eau
  • Ni l’utiliser pour cuisiner
  • Préparer un thé ou un café
  • Laver des fruits et légumes
  • Remplir la gamelle d’un chien ou d’un chat
  • Un aquarium
  • Un humidificateur
  • Le réservoir d’un fer à repasser

Verser cette eau dans ce type d’appareil comporte un risque supplémentaire si l’on ignore l’état d’entretien du climatiseur : les particules qu’elle contient peuvent l’endommager.

Pour la récupérer, la méthode est simple : un seau ou un bidon placé sous le tuyau d’évacuation extérieur suffit. Mieux vaut la conserver dans des récipients propres et bien fermés, pour éviter les insectes, et l’utiliser dans un délai d’un ou deux jours afin de limiter la prolifération de bactéries et de moustiques.

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