Le 14 juillet 2026, Emmanuel Macron descend les Champs-Élysées à bord d’une DS N°7 Élysée entièrement électrique. Pour la première fois sous la Ve République, aucune goutte de carburant fossile ne propulse le véhicule présidentiel. Au-delà du symbole politique, la voiture incarne une ambition énergétique concrète : démontrer que la transition vers l’électromobilité s’applique aux fonctions les plus exigeantes de l’État, tout en relocalisant la chaîne de valeur des batteries sur le territoire national.
Une première historique : l’électromobilité intégrale à l’Élysée
Jamais un président français n’avait circulé dans un véhicule officiel zéro émission. La DS N°7 Élysée marque une rupture avec les motorisations thermiques et hybrides qui équipaient jusqu’ici le parc présidentiel. Macron avait déjà inauguré en 2025 une DS N°8 électrique, mais la N°7 confirme l’abandon définitif des énergies fossiles pour les déplacements officiels. Le message adressé aux constructeurs automobiles et aux citoyens s’avère limpide : l’électrique peut répondre aux contraintes de sécurité, d’autonomie et de représentation du pouvoir.
Macron confirme l’abandon des énergies fossiles pour le transport présidentiel
Depuis son investiture en 2017, le président a renouvelé son parc automobile à un rythme inédit, passant successivement par une DS7 Crossback, un Peugeot 5008, puis plusieurs versions hybrides et électriques. La cadence accélérée suscite des critiques sur les dépenses publiques, mais traduit surtout une volonté d’accompagner en temps réel les évolutions technologiques du secteur. En optant pour une motorisation 100 % électrique dès 2026, l’Élysée devance les échéances européennes d’interdiction des moteurs thermiques neufs prévues pour 2035. L’État français se positionne en précurseur, transformant la fonction présidentielle en vitrine technologique de la transition énergétique.
La batterie 97,2 kWh : la clé énergétique française
Sous le plancher de la DS N°7 Élysée se cache une batterie lithium-ion de 97,2 kWh, fabriquée intégralement en France par Automotive Cells Company (ACC), filiale de Stellantis. Le choix de ce fournisseur national répond à des impératifs stratégiques autant qu’environnementaux. Alors que l’Europe dépend massivement des batteries asiatiques (Chine, Corée du Sud), la France tente de reconquérir sa souveraineté énergétique en développant une filière locale. ACC produit ses cellules sur le sol français, réduisant l’empreinte carbone liée au transport et sécurisant l’approvisionnement face aux tensions géopolitiques.
Automotive Cells Company : la relocalisation énergétique en action
ACC incarne la réponse européenne aux géants chinois CATL ou BYD. L’usine française assemble des batteries à haute densité énergétique, capables de stocker 97,2 kWh dans un volume réduit. Pour un véhicule blindé et allongé de 25 cm par rapport à la DS7 Crossback standard, atteindre 740 km d’autonomie WLTP constitue une prouesse technique. La batterie alimente deux moteurs électriques (un par essieu) développant 350 chevaux cumulés, garantissant des accélérations dignes d’un véhicule de fonction tout en maintenant une efficacité énergétique optimale. Le blindage intégral réalisé par Centigon à Lamballe alourdit considérablement la voiture, mais les ingénieurs ont compensé en optimisant l’aérodynamisme et la gestion thermique de la batterie.
Enjeux de souveraineté énergétique et de supply chain
Produire localement les batteries réduit la dépendance aux métaux rares importés et sécurise la chaîne d’approvisionnement. ACC s’approvisionne en lithium, cobalt et nickel via des contrats diversifiés, limitant l’exposition aux chocs géopolitiques. La DS N°7 Élysée devient ainsi un démonstrateur de la capacité française à maîtriser toute la chaîne de valeur, de la cellule jusqu’au véhicule fini. En cas de crise énergétique ou de rupture d’approvisionnement, l’État dispose d’un parc automobile opérationnel sans dépendre de fournisseurs étrangers. La bataille mondiale des batteries se joue aussi sur le terrain politique.
Autonomie énergétique : 740 km sans recharge, qu’est-ce que cela signifie ?
Afficher 740 km d’autonomie pour un véhicule blindé relève de l’exploit énergétique. En conditions réelles, l’autonomie effective oscillera entre 550 et 650 km selon le profil de conduite, la température extérieure et l’usage des équipements de sécurité gourmands en énergie. Mais ce chiffre suffit à couvrir l’essentiel des déplacements présidentiels sans nécessiter de recharge en cours de route. Paris-Strasbourg, Paris-Lyon ou Paris-Bordeaux deviennent accessibles en un seul trajet, libérant l’agenda présidentiel des contraintes de ravitaillement.
Consommation et efficacité énergétique : une voiture blindée et allongée
Le blindage ajoute plusieurs centaines de kilos à la masse totale du véhicule. Chaque kilo supplémentaire augmente la consommation énergétique, particulièrement en phase d’accélération. Pourtant, la DS N°7 Élysée maintient une efficacité énergétique remarquable grâce à la récupération d’énergie au freinage, à l’optimisation des flux aérodynamiques et à la gestion intelligente de la batterie. Les ingénieurs ont privilégié une architecture électrique distribuée, minimisant les pertes en ligne et maximisant le rendement global. Résultat : une consommation estimée autour de 20 kWh/100 km en usage mixte, soit l’équivalent de 2 litres de diesel aux 100 km en termes d’énergie primaire.
Recharge rapide et infrastructure : 200 km en 10 minutes
La DS N°7 Élysée accepte la recharge rapide jusqu’à 150 kW, permettant de récupérer 200 km d’autonomie en seulement 10 minutes sur une borne suffisamment puissante. Le passage de 20 à 80 % de charge s’effectue en 27 minutes, un délai compatible avec les impératifs de sécurité et de planification des déplacements officiels. L’Élysée dispose désormais de bornes de recharge dédiées, alimentées par des contrats d’électricité verte garantissant un bilan carbone optimal. DS France a d’ailleurs célébré ce lancement avec le slogan « 100 % électrique. 100 % présidentielle », soulignant la double dimension technologique et symbolique du véhicule.
Exemplarité climatique : l’État français montre l’exemple
Adopter une voiture présidentielle zéro émission envoie un signal fort aux acteurs économiques et aux citoyens. Si l’État peut électrifier ses fonctions régaliennes, pourquoi les entreprises et les particuliers ne pourraient-ils pas suivre ? La DS N°7 Élysée devient un outil de communication autant qu’un moyen de transport, incarnant la crédibilité de la politique climatique française. En 2026, la France vise une réduction de 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Le transport représente 30 % des émissions nationales : électrifier les flottes publiques constitue un levier immédiat et visible.
Impact sur les objectifs Net-Zéro et la transition écologique
L’électrification du parc présidentiel s’inscrit dans la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), qui prévoit la fin des véhicules thermiques dans les flottes publiques d’ici 2030. En anticipant cette échéance, l’Élysée accélère la dynamique et incite les collectivités locales à suivre le mouvement. Chaque kilomètre parcouru en électrique plutôt qu’en diesel évite l’émission de 120 g de CO₂, soit environ 15 tonnes de CO₂ économisées par an pour un usage présidentiel moyen de 12 000 km. Multiplié par l’ensemble des véhicules officiels, l’impact devient significatif. D’autres constructeurs développent également des solutions électriques pour répondre à la demande croissante des flottes institutionnelles.
Signal politique pour les constructeurs et les ménages français
En choisissant une DS fabriquée par Stellantis avec une batterie ACC, l’État valorise la filière industrielle nationale. Le message adressé aux constructeurs : investissez dans l’électrique, l’État vous soutient en devenant client. Pour les ménages, voir le président circuler en voiture électrique normalise l’usage de ces véhicules et dissipe les craintes liées à l’autonomie ou à la recharge. La DS N°7 Élysée sera commercialisée fin 2026 pour le grand public, permettant aux citoyens d’acquérir (dans une version non blindée) le même modèle que le chef de l’État. Macron avait d’ailleurs déclaré en 2023 : « On est attaché à la bagnole, on aime la bagnole. Et moi je l’adore. » Une passion désormais électrifiée, au service de la transition énergétique française.






