La France subit une grosse vague de chaleur ces derniers jours. Face aux grosses températures, le gestionnaire du réseau électrique Enedis craint des coupures de courant.
Des coupures de courant à venir selon Enedis
La montée brutale des températures observée en ce mois de juin 2026 place le gestionnaire du réseau de distribution Enedis sous surveillance renforcée. L’entreprise redoute des perturbations potentielles sur le réseau électrique en raison de la chaleur extrême attendue dans les prochains jours.
Cette situation intervient dans un contexte météorologique tendu, marqué par une vague de chaleur susceptible d’atteindre jusqu’à 40 degrés dans certaines régions françaises. Ainsi, la combinaison entre températures élevées en surface et échauffement des infrastructures souterraines fait émerger un risque technique rarement visible mais bien réel : la surchauffe des réseaux enterrés.
Enedis face à la chaleur : un réseau électrique sous contrainte thermique
Le réseau géré par Enedis s’étend sur environ 1,5 million de kilomètres, dont près de 700 000 kilomètres sont enterrés, ce qui constitue une particularité majeure du système électrique français. Dès lors, les zones urbaines concentrent une grande partie des vulnérabilités, en raison de la densité du réseau et de l’accumulation de chaleur sous les sols bitumés.
En surface, les températures élevées observées lors des épisodes de canicule peuvent dépasser les 40 degrés, mais les conséquences sont amplifiées en sous-sol. Dans certaines zones urbaines, la température peut atteindre jusqu’à 80 degrés dans les galeries et conduites techniques, ce qui exerce une pression directe sur les câbles électriques vieillissants.
Enedis consacre environ 1,4 milliard d’euros par an à la modernisation du réseau, selon les données techniques de l’opérateur, mais cette modernisation reste progressive. Le rythme des rénovations, estimé à environ 1 000 kilomètres de câbles remplacés chaque année, ne permet pas une transformation rapide de l’ensemble des infrastructures anciennes.
Cette contrainte structurelle crée un décalage entre la vitesse du réchauffement climatique et la capacité d’adaptation du réseau électrique, un point souligné par les équipes techniques du gestionnaire.
Réseau électrique et chaleur : pourquoi les infrastructures enterrées sont vulnérables
Les coupures d’électricité redoutées par Enedis trouvent leur origine dans un phénomène physique précis : la dégradation des matériaux électriques sous l’effet de la chaleur prolongée. Dans les réseaux les plus anciens, certains câbles reposent encore sur une technologie isolée par du papier imprégné d’huile, un système aujourd’hui obsolète mais encore présent sur plusieurs tronçons.
Lorsque la température augmente fortement, l’huile peut se liquéfier et migrer dans les câbles, tandis que le papier isolant perd ses propriétés mécaniques. Ce processus entraîne une dégradation progressive de l’isolation électrique, pouvant conduire à des courts-circuits ou, dans les cas les plus critiques, à des départs de feu.
Dans les zones urbaines, ce phénomène est amplifié par la densité des installations et la difficulté d’accès pour les opérations de maintenance. Les interventions nécessitent souvent des ouvertures de voirie importantes, soumises à autorisation administrative, ce qui ralentit les opérations de remplacement.
En parallèle, certaines zones anciennes du réseau, estimées à plusieurs milliers de kilomètres, restent particulièrement sensibles aux variations thermiques extrêmes. Ces sections constituent les points faibles identifiés par les équipes techniques, notamment lors des périodes de forte chaleur.
Enedis, organisation de crise et surveillance renforcée du réseau
Face à cette situation, Enedis a activé des dispositifs de surveillance renforcée. Une cellule de veille a été mise en place afin de localiser rapidement les défauts potentiels sur le réseau souterrain et d’anticiper les incidents.
Des équipes techniques et des moyens d’intervention ont été prépositionnés, incluant des véhicules spécialisés et des entreprises de génie civil capables d’intervenir rapidement en cas de panne. L’objectif est de limiter la durée des coupures d’électricité et d’assurer la continuité de l’alimentation, notamment dans les zones urbaines denses.






