Alors que la transition énergétique progresse, une découverte inattendue redonne de l’espoir pour la protection des espèces. Le San Joaquin kit fox, petit renard en danger d’extinction originaire de la Central Valley en Californie, semble mieux se porter dans un milieu surprenant : les fermes solaires. Cette observation pose des questions sur l’utilisation des terres et la préservation des espèces, d’autant plus que cette espèce a perdu plus de 95 % de son habitat naturel.
Un terrain insolite qui profite à la faune
Les fermes solaires, comme Topaz Solar Farm et California Valley Solar Ranch, couvrent plus de 2 100 hectares dans la région de Carrizo Plain. Elles ont été créées pour produire de l’énergie propre, avec des rangées de panneaux installées sur des terres ouvertes où la présence humaine est limitée. Ces sites sont souvent clôturés pour des raisons de sécurité et deviennent, après construction, des zones relativement peu perturbées.
Une fois en place, ces fermes n’engendrent ni trafic lourd ni bruit constant. L’ombre des panneaux favorise la végétation native et régule la température du sol, créant un microclimat adapté à une faune variée. Les renards qui colonisent ces lieux profitent des clôtures comme d’une barrière contre des prédateurs plus gros (coyotes, lynx roux, aigles royaux). La végétation sous les panneaux attire rongeurs et insectes, offrant une source de nourriture stable pour ces prédateurs opportunistes.
Des suivis qui donnent de bons résultats
Sous la direction de Brian Boroski et de son équipe de la Bren School of Environmental Science & Management, plus de 100 renards ont été suivis pendant trois ans à l’aide de colliers émetteurs. Les chiffres sont parlants : à la Topaz Solar Farm, le taux de survie annuel atteint 65 %, contre 49 % en milieu naturel. Au California Valley Solar Ranch, le taux de survie est de 76 %, contre 66 % dans la nature.
Côté reproduction, les résultats sont aussi remarquables : le succès reproducteur atteint 100 % sur le site Topaz, contre 88,9 % dans leur habitat d’origine. Les chercheurs ont noté que les renards reviennent régulièrement sur ces sites, ce qui suggère qu’ils les considèrent comme des habitats fiables, comme l’indique la Bren School : « ils sont revenus à plusieurs reprises, traitant ces sites comme un habitat fiable ».
Le pari du conservoltaïque
L’étude met en lumière le concept de « conservoltaïque » : combiner production solaire et protection de la faune. Toutes les fermes solaires ne pourront pas forcément soutenir la biodiversité locale, mais la recherche montre qu’avec une planification énergétique ciblée, ces infrastructures peuvent devenir des refuges pour des espèces menacées. Le succès dépend de nombreux facteurs, notamment la localisation et la gestion du site.
Source : Ecoportal






