L’énergie est devenue un sujet majeur aujourd’hui, et la France s’attaque aux logements très énergivores, qu’on appelle les passoires thermiques. Ces habitations, souvent mal isolées, consomment beaucoup d’énergie et contribuent de façon disproportionnée aux émissions de gaz à effet de serre. Des réformes légales progressives visent à interdire leur mise en location, selon leur note au diagnostic de performance énergétique (DPE).
Le cadre légal et le calendrier
En France métropolitaine, les logements classés comme passoires thermiques selon leur note au DPE seront progressivement interdits à la location. Depuis janvier 2025, les logements classés G sont les premiers concernés. Viendront ensuite ceux classés F en 2028, puis les logements classés E en 2034. Ces mesures cherchent à réduire la consommation énergétique du parc immobilier français et à encourager les rénovations nécessaires pour améliorer les performances énergétiques.
Cette législation s’inscrit dans une volonté de transition écologique, mais soulève aussi des questions autour du mode de calcul du DPE, notamment le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire (CEP), élément clé du diagnostic qui a déjà vu son indice évoluer.
Réforme en cours et annonce du gouvernement
Lors des premières assises du diagnostic immobilier, le 21 mai 2026, le gouvernement a annoncé réfléchir à une modification du mode de calcul du DPE, selon le média Capital. Cette annonce s’accompagne de discussions pour abaisser le CEP à environ 1,7, après qu’il ait déjà été révisé de 2,58 à 1,9. Le ministère des Finances a d’ailleurs précisé que cette évolution a permis à quelque 850 000 logements d’améliorer leur note.
La réflexion sur le CEP est importante, car elle pourrait encore élargir le nombre de logements bénéficiant d’une meilleure évaluation énergétique sans intervention structurelle majeure. La start-up Krno estime qu’un nouvel ajustement pourrait affecter 2,28 millions de logements supplémentaires, soit près de la moitié des passoires thermiques françaises.
Les critiques du calcul actuel et ce que ça peut changer
Le mode actuel de calcul du DPE, qui repose sur des coefficients techniques comme le CEP, fait l’objet de critiques, notamment pour ses conséquences sur les logements chauffés à l’électricité. Les spécialistes du secteur expliquent que cette méthode pénalise particulièrement certains types de logements, comme les petites surfaces dans les immeubles anciens, les appartements situés au rez-de-chaussée et ceux au dernier étage. Cela s’explique par l’absence d’isolation adaptée dans ces constructions, entraînant de fortes déperditions thermiques. Xavier Taquet, diagnostiqueur immobilier indépendant, précise : « Les logements au rez-de-chaussée et au dernier étage sont souvent les plus pénalisés. Dans énormément d’immeubles anciens, il n’existe aucune isolation sous toiture, ce qui entraîne d’importantes déperditions thermiques. »
Des avis partagés et les suites possibles
Le secteur immobilier est partagé face à ces évolutions. Certains professionnels accueilleront favorablement un ajustement, par crainte des coûts importants de rénovation ou de l’interdiction de louer leurs biens. D’autres, tels que Krno, estiment que la modification ne ferait qu’abaisser le nombre « artificiel » de passoires thermiques sur le papier, sans réelle amélioration des performances énergétiques.






