Dans un climat de tensions géopolitiques et de variations des marchés énergétiques mondiaux, l’Australie a pris une décision importante sur la gestion de ses ressources. Le gouvernement a annoncé une mesure visant à renforcer la sécurité énergétique nationale face à l’incertitude provoquée par les récents bouleversements au Moyen-Orient. L’idée est de protéger les intérêts du pays sans rompre les liens commerciaux internationaux.
Le gouvernement serre la vis : 20 % pour la consommation locale
Chris Bowen, le ministre australien de l’Énergie, a annoncé le jeudi 7 mai une obligation pour les principaux exportateurs de gaz du pays : réserver 20 % de leur production pour le marché intérieur, rapporte BFMTV. Cette règle vise surtout à mettre l’Australie à l’abri de la volatilité des prix sur les marchés mondiaux. Chris Bowen a tenu à préciser que « aucun contrat existant » ne sera affecté par cette mesure, pour éviter les inquiétudes sur les accords déjà signés.
La mesure cible principalement les plus grands exportateurs de gaz et marque une étape notable dans la politique énergétique australienne. Anthony Albanese, le Premier ministre, a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre sécuriser l’approvisionnement national et tenir les engagements envers les partenaires internationaux.
L’annonce fait suite à des incidents liés à un conflit au Moyen-Orient, qualifié par Chris Bowen de « la guerre menée par les États-Unis au Moyen-Orient ». Un problème logistique majeur a entraîné le blocage du détroit d’Ormuz. Cette situation a provoqué une forte hausse des prix du GNL, posant un risque sérieux pour l’économie mondiale.
La tension prend plus d’ampleur quand on regarde le rôle de l’Australie sur le marché mondial : étant l’un des plus grands exportateurs de GNL, le pays fournit environ 40 % du GNL au Japon, et dessert aussi d’importants marchés comme la Chine et la Corée du Sud. Les décisions australiennes pèsent donc bien au-delà de ses frontières.
D’autres mesures et la constitution d’un stock national
Pour faire face à cette situation, le gouvernement australien a lancé d’autres actions. Anthony Albanese a annoncé la mise en place d’un stock de carburant d’un milliard de litres, une mesure majeure sachant que l’Australie était l’un des rares membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à ne pas disposer d’un tel stock.
La production énergétique du pays complète ce dispositif : la production de gaz a atteint 5 566 pétajoules lors du dernier exercice fiscal 2024/25, soit l’équivalent de plus de 900 000 barils équivalent pétrole (boe). Ces stocks et réserves visent à limiter les effets des fluctuations des prix internationaux sur la consommation locale.






