Une découverte qui a fait du bruit dans la communauté scientifique : un énorme réservoir de magma, d’un volume de 6 000 km³, a été repéré sous la région de la Toscane, en Italie. Installé à moins de 15 km de profondeur, il pourrait théoriquement fournir le matériau nécessaire à la formation d’un « supervolcan », mais il n’y a pas de danger immédiat. Cette trouvaille, signée par une équipe de recherche italo-suisse, montre à quel point les outils modernes de géophysique sont puissants pour comprendre les forces géologiques.
Rien ne le trahit à la surface
À la surface, la Toscane semble paisible : Ni les habitants ni les chercheurs n’avaient détecté de signe extérieur d’activité volcanique récente. Il n’y a ni dépôts éruptifs, ni cratère, ni déformation du sol, ni émission de gaz qui trahiraient la présence d’un grand volume de magma en profondeur. À la différence de sites comme Yellowstone aux États-Unis ou le lac Toba en Indonésie, la région paraît calme.
Mais calme ne veut pas dire inerte. Matteo Lupi, auteur principal de l’étude, le souligne : « On savait que cette région était active sur le plan géothermique mais on n’avait pas compris qu’elle contenait un aussi gros volume de magma, comparable aux systèmes super volcaniques comme celui de Yellowstone ».
La technique qui a tout révélé
La découverte a été possible grâce à la tomographie par bruit ambiant, une méthode de pointe utilisée en sismologie, explique le magazine Geo. Elle analyse les vibrations dans le sol, provoquées par les vagues, le vent et les activités humaines, pour repérer des zones de matière fondue comme le magma. Environ 60 capteurs sismiques ont été posés à la surface pour écouter ces vibrations. Quand la vitesse des ondes ralentit brutalement en rencontrant une zone, cela indique souvent la présence de matière en fusion.
Comme le précise l’Université de Genève, « lorsque les vibrations se propagent à faible vitesse, elles peuvent indiquer la présence de matériaux fondus tels que le magma. » Cette technologie novatrice, décrite comme « indispensable pour le futur de la science », pourrait aussi servir à détecter des ressources géothermiques, des gisements de lithium, et d’autres ressources utiles à la fabrication de batteries électriques.






