En 2025, le montant de la dette d’EDF dépasse les 55 milliards d’euros, un gouffre. Pour endiguer ce phénomène, la direction vient de présenter un plan d’économies pour les prochaines années.
EDF va se séparer de certaines activités
EDF se retrouve aujourd’hui face à une équation financière de plus en plus difficile à résoudre. Le groupe a confirmé mener une réflexion sur des cessions d’actifs, parallèlement à un plan d’économies de 5 milliards d’euros sur cinq ans. Cette double démarche traduit l’urgence, pour EDF, de restaurer des capacités de financement mises à mal. D’après Les Échos, le président-directeur général d’EDF, Bernard Fontana, travaillerait à l’élaboration d’un « plan d’adaptation » sur trois ans. Celui-ci porterait sur environ 20 milliards d’euros d’actifs, intégrant à la fois des ventes, des ouvertures de capital et des transferts de participations. EDF n’a pas confirmé ce périmètre financier, mais reconnaît mener une revue stratégique approfondie de ses activités.
La situation financière d’EDF reste le principal moteur de ces arbitrages. À la fin de l’année 2024, la dette du groupe atteignait 54,3 milliards d’euros, un niveau qui limite considérablement sa marge de manœuvre. Dans un premier temps, l’objectif est de réaliser 5 milliards d’euros d’économies sur les cinq prochaines années. Parmi les pistes évoquées figurent « l’ouverture du capital d’Edison », la filiale italienne d’EDF, ainsi qu’« une cession partielle ou complète de la plateforme renouvelable aux États-Unis ». Ces options ont été mentionnées par EDF sans qu’aucun calendrier ni aucune modalité précise ne soient communiqués.
EDF sous surveillance de l’État et confronté à des tensions internes
Les défis financiers d’EDF sont amplifiés par des besoins d’investissement hors normes. La Cour des comptes estime que le groupe devra mobiliser jusqu’à 460 milliards d’euros entre 2025 et 2040 pour financer ses infrastructures, son parc nucléaire et ses projets industriels. Ce montant place EDF dans une situation de dépendance accrue à l’égard de ses choix stratégiques, le tout dans un contexte de baisse des revenus liée à la diminution du prix de l’électricité.
Dès la mi-octobre 2025, Bernard Fontana avait préparé les esprits en interne. Dans un message adressé aux cadres dirigeants, le PDG d’EDF insistait sur la nécessité de « prioriser » les investissements et indiquait réfléchir à des « ouvertures de capital » afin de retrouver « des marges de manœuvre financières ». Une communication interne révélée par l’AFP, qui marque une inflexion claire dans la doctrine du groupe.
Ces tensions s’inscrivent dans un climat déjà dégradé. Les négociations salariales annuelles avancent difficilement, tandis que les syndicats dénoncent les méthodes de la nouvelle direction. Depuis la nomination de Bernard Fontana, les relations sociales se sont durcies, selon plusieurs représentants syndicaux cités par l’AFP.






