Pétrole : le Guyana ouvre un peu plus l’exploration offshore

Le Guyana vient d’ouvrir un nouveau chapitre de son aventure pétrolière. Le 11 novembre 2025, le gouvernement a accordé à TotalEnergies, QatarEnergy et Petronas un contrat d’exploration du bloc S4, en eaux peu profondes au large de ses côtes.

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MEDITERRANEAN SEA, ISRAEL - MARCH 28: In this handout image provided by Albatross, The Tamar drilling natural gas production platform is seen some 25 kilometers West of the Ashkelon shore on March 28, 2013 in Israel. The offshore Tamar drilling site which was originally dispatched from a shipyard in Texas at the end of last year is due to start producing natural gas next week. Over the past few years Israel has suffered from a shortage in natural gas, but with the new platform that weighs 34,000 tons and will be mainly operated by Israelis, the US company Nobel Energy which owns a 36% stake in Tamar, hopes to change Israel's energy situation as well as the economy as a whole. (Photo Photo by Albatross via Getty Images) | L'EnerGeek

Le secteur du pétrole au Guyana franchit un seuil stratégique. En signant un accord d’exploration avec TotalEnergies, QatarEnergy et Petronas, le pays mise sur une nouvelle dynamique énergétique et industrielle. Daté du 11 novembre 2025, le contrat de partage de production (Production Sharing Agreement, PSA) confère à ces sociétés des droits sur le bloc S4, situé à environ 100 kilomètres au large. Ce projet consolide la place du pétrole comme moteur du développement national et confirme le rôle croissant du Guyana sur la carte mondiale de l’énergie.

TotalEnergies, QatarEnergy et Petronas s’installent dans le bloc S4

Selon Reuters, l’accord signé avec Georgetown porte sur une zone offshore de 1 788 km², localisée dans des eaux de 30 à 100 mètres de profondeur. Le bloc S4, qualifié de « shallow-water block », offre des conditions favorables à des opérations plus rapides et moins coûteuses que celles menées dans les champs profonds.

TotalEnergies détiendra 40 % du consortium et en assurera l’exploitation, aux côtés de QatarEnergy (35 %) et Petronas (25 %). Le contrat, d’une durée initiale de cinq ans, prévoit un bonus de signature de 15 millions de dollars versé au gouvernement du Guyana, comme l’a confirmé le Department of Public Information (DPI) le 11 novembre 2025.

Le ministre des Ressources naturelles, Vickram Bharrat, a déclaré : « Nous sommes heureux d’accueillir QatarEnergy, TotalEnergies et Petronas en tant que nouveaux partenaires dans le secteur pétrolier du Guyana », précisant que cette collaboration illustre la confiance des majors dans le potentiel du pays.

Un plan d’exploration à grande échelle pour renforcer le potentiel pétrolier

Le programme de travail initial comprend une acquisition sismique 3D sur 2 000 km², selon Demerara Waves. Cette phase visera à affiner la connaissance géologique du bassin guyanien, réputé pour son taux de réussite élevé depuis les premières découvertes opérées par ExxonMobil en 2015.

Pour TotalEnergies, ce projet s’inscrit dans une stratégie ciblant des ressources « importantes, à faible coût et à faibles émissions », selon les propos de Nicola Mavilla, vice-président exploration du groupe, rapportés par Rigzone. Cette approche, orientée vers la rentabilité et la performance environnementale, correspond à la politique actuelle du groupe français en Amérique du Sud, qui combine exploration pétrolière et réduction de l’intensité carbone.

Un tournant pour le Guyana et pour l’industrie du pétrole en Amérique du Sud

Depuis la découverte de vastes réserves au large du pays, le Guyana est devenu l’un des pôles pétroliers les plus prometteurs du continent. L’État cherche désormais à diversifier ses partenaires au-delà du consortium ExxonMobil-Hess-CNOOC, déjà producteur de plus de 600 000 barils par jour.

Avec cette nouvelle autorisation d’exploration, Georgetown affirme sa stratégie : attirer plusieurs opérateurs internationaux, renforcer ses capacités techniques et maximiser les revenus issus du pétrole. Le gouvernement prévoit aussi d’instaurer une taxe sur les sociétés de 10 % pour ces blocs en eau peu profonde.

Cette diversification constitue un enjeu crucial. Elle vise non seulement à mieux répartir les bénéfices économiques, mais aussi à garantir la stabilité du secteur de l’énergie, dans un contexte de transition mondiale vers des ressources plus durables. Les accords signés s’inscrivent dans la continuité de la ronde d’attribution de 2023, dont le bloc S4 est le premier à être officiellement contracté.

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