Bouygues Construction a récemment annoncé avoir décroché un contrat important au Royaume-Uni pour la réalisation de la centrale nucléaire Sizewell C, confirme Le Figaro. Ce projet, qui vise à renforcer l’approvisionnement en énergie du pays, constitue une étape majeure pour l’entreprise française et ses partenaires. Avec un investissement de 14,2 milliards de livres, ce contrat montre bien que les collaborations internationales dans le secteur de l’énergie ont le vent en poupe.
Un partenariat en or pour un projet ambitieux
Bouygues Construction s’inscrit dans la « Civil Works Alliance », un consortium formé avec Laing O’Rourke et Balfour Beatty. Ces poids lourds du BTP se chargeront des travaux de génie civil pour mener à bien Sizewell C. Le projet sera découpé en environ 40 lots, qui seront attribués progressivement à partir du quatrième trimestre 2025. Cette organisation bien pensée permet de mettre à profit au mieux les ressources et le savoir-faire de chacun.
La centrale Sizewell C, implantée dans le comté du Suffolk au Royaume-Uni, utilisera la technologie EPR (Réacteur Pressurisé Européen). Elle comprendra deux réacteurs nucléaires, chacun capable de générer 1,6 GW, soit une capacité totale de 3,2 GW. Grâce à cette installation, environ 6 millions de foyers pourront recevoir de l’électricité. EDF, chargé de piloter le développement du site, envisage d’investir 1,2 milliard d’euros durant la phase de construction, similaire à l’implantation de réacteurs EPR2 sur le site du Bugey.
Des défis techniques et financiers à relever
La « Civil Works Alliance » aura la charge de nombreuses tâches. Il s’agira notamment des préparatifs initiaux, des terrassements et même de travaux maritimes complexes, comme le creusement de trois tunnels sous-marins de 3 km chacun. Les travaux de génie civil sur l’îlot nucléaire et l’îlot conventionnel font partie du programme, tout comme l’installation des stations de pompage et la réalisation des infrastructures annexes (voiries et réseaux permanents).
Côté financement, l’arrangement est bien ficelé. Le gouvernement britannique détient 44,9 % du projet, EDF en possède 12,5 %, le fonds de pension québécois contribue à hauteur de 20 %, Centrica fournit 15 % et Amber Infrastructure 7,6 %. Même si le coût total est estimé entre 20 et 30 milliards d’euros, ces chiffres peuvent varier selon les estimations du gouvernement britannique.
Retombées économiques et dans le secteur de l’énergie
Financièrement, Bouygues Construction subit les conséquences d’une contribution exceptionnelle demandée aux grandes entreprises françaises. Son chiffre d’affaires a progressé de 0,9 %, atteignant 41,9 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, mais le résultat net part a un peu reculé à 675 millions d’euros, principalement à cause d’un impôt exceptionnel d’environ 100 millions d’euros pour l’année.
La centrale Sizewell C jouera un rôle important dans l’approvisionnement énergétique du Royaume-Uni, fournissant environ 7 % des besoins en électricité pendant plus de soixante ans. Bouygues Construction précise d’ailleurs : « La prise de commandes du projet de Sizewell C représentera pour Bouygues Construction un montant cumulé de l’ordre de 3,3 milliards d’euros », soulignant ainsi ses effets notables sur le réseau électrique national.






