EDF, le grand nom de l’énergie en France, se retrouve à un tournant de sa stratégie de production d’électricité nucléaire, tandis que le débat sur l’avenir énergétique se poursuit à l’Assemblée nationale. Dans un paysage où les débats sur l’énergie se multiplient et où les renouvelables se font de plus en plus remarquer, la question reste ouverte : comment EDF peut-elle atteindre ses ambitions pour 2030 sans lancer la construction de nouveaux réacteurs ?
Un secteur de l’énergie en évolution
En 2022, la production nucléaire d’EDF a dégringolé à 279 TWh, un niveau jamais vu auparavant qui inquiète sur la capacité de l’entreprise à garder sa place face à la montée des énergies vertes. L’année suivante, la donne a changé avec une production remontant à 361 TWh. Même si c’est une belle avance, EDF vise encore plus haut : 400 TWh d’ici 2030.
Ce chiffre ambitieux n’est pas une nouveauté. L’ancien PDG d’EDF, Luc Rémont, avait déjà posé cette cible, reprise ensuite par Bernard Fontana, son successeur. Ce chiffre de 400 TWh a été demandé par le gouvernement et a été validé par Agnès Pannier-Runacher lorsqu’elle était ministre de la Transition énergétique.
Le nucléaire face aux énergies renouvelables
Un récent rapport de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) met en lumière les coûts du nucléaire et les prévisions de production pour les années à venir, en lien avec la réforme électrique. Selon ce rapport, EDF estime produire entre 362 TWh pour la période 2026-2028 et 358 TWh entre 2029-2031. Ces chiffres se trouvent un peu en dessous de la moyenne historique de 396 TWh observée de 2000 à 2019.
La CRE note aussi que, du fait de la progression des énergies renouvelables dans le mix énergétique, ajuster la production nucléaire n’est pas une mince affaire. Par exemple, les pics de production solaire qui surviennent en plein milieu de journée obligent EDF à baisser souvent la puissance de ses réacteurs pour garder l’équilibre sur le réseau.
Nouvelles avancées et perspectives d’avenir
L’année passée a été marquée par une étape importante avec le raccordement du réacteur EPR de Flamanville, dans la Manche. Par ailleurs, un problème technique majeur lié à la corrosion sous contrainte, qui avait fait parler de lui lors de la récente crise énergétique, semble maintenant réglé.
Cependant, l’année 2024 est qualifiée d’« année pivot » par le régulateur de l’énergie, une période marquée par des critiques de la gestion d’EDF et des propositions pour optimiser les infrastructures existantes. Cette période pourrait bien être celle où la stratégie énergétique française prendra un tournant notable, alors que le pays continue de jongler entre le nucléaire et les renouvelables.






