Dans la nuit du 06 au 07 octobre 2025, un drone ukrainien est entré en collision avec une des tours de la centrale nucléaire de Zaporijjia. La sécurité du site n’est pas compromise assure l’AIEA. Le lieu est un point de tension permanente dans la guerre en Ukraine.
La sécurité de la centrale de Zaporijjia maintenue
Dans la nuit du 6 au 7 octobre 2025, un drone des forces ukrainiennes a percuté la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Zaporijjia, en Russie. Le bilan, communiqué par l’AIEA quelques heures après l’incident, est sans ambiguïté : absence totale de conséquences sur la sûreté nucléaire et absence de changement des niveaux de radiation. L’AIEA a confirmé que les systèmes de sécurité sont demeurés totalement opérationnels, assurant ainsi la continuité du refroidissement des réacteurs et l’intégrité des installations. Ce fait, bien qu’isolé, jette une lumière crue sur les risques persistants liés aux drones dans les zones nucléaires de la guerre en Ukraine.
L’explosion consécutive au crash a laissé une marque sombre sur la tour de refroidissement et entraîné l’activation ponctuelle des systèmes de sécurité. Rosenergoatom, l’opérateur russe, a précisé que l’impact s’est arrêté là et qu’aucun blessé ni dommage structurel majeur n’a été relevé. L’AIEA a confirmé la normale réponse des systèmes de refroidissement et balayé les inquiétudes d’un risque de fuite radioactive immédiate.
Pourtant, ce scénario aurait pu être catastrophique si la trajectoire avait visé un autre point sensible des installations. Ce type d’incursion rappelle que, même en l’absence de conséquences visibles, la marge entre incident contrôlé et catastrophe radiologique demeure fragile. Plus préoccupante est la fréquence croissante d’incidents impliquant des drones à proximité des centrales nucléaires. Le 26 septembre dernier, un drone s’est écrasé à environ 800 m de la centrale sud-ukrainienne, provoquant un cratère circulaire de 4 m², et douze drones ont été repérés à moins de 500 m du site.
Un contexte européen sous tension
Si ce dernier incident a été circonscrit à la Russie, il intervient dans un climat d’extrême tension autour du site de Zaporijjia en Ukraine. La plus grande centrale nucléaire d’Europe, depuis son occupation par l’armée russe en 2022, a connu une série d’attaques, pertes répétées d’alimentation externe et d’incidents de sécurité qui ont provoqué l’activation systématique des générateurs de secours.
Depuis le printemps, plus de huit interruptions de courant ont obligé les équipes à recourir à des solutions d’urgence, alimentant l’inquiétude autour d’un accident potentiel. Le danger dépasse désormais les frontières ukrainiennes. Le président Volodymyr Zelenskyy a accusé la Russie de “jouer avec le feu” en privant la centrale de Zaporijjia de son courant et en laissant les systèmes critiques fonctionner à base de diesel. Il a également critiqué la faible réponse de l’AIEA, considérée comme insuffisante face à cette atteinte à la sécurité nucléaire internationale. Cette critique est partagée dans plusieurs capitales occidentales, qui estiment que le traitement diplomatique de la crise ne reflète pas la gravité du danger.






