Depuis environ dix ans, le compteur Linky fait couler beaucoup d’encre en France. Même si 95 % des foyers français utilisent déjà cet appareil, environ deux millions de Français hésitent encore à l’installer. Ce refus persistant a donné lieu à des polémiques et soulève des questions qui vont bien au-delà du simple aspect technique, touchant aussi au juridique et au financier.
Quels frais pour ceux qui disent non au Linky
À partir du 1er août 2025, ceux qui refusent le compteur Linky verront leur augmentation des factures un peu. En effet, pour continuer à gérer les anciens compteurs, les foyers concernés devront payer 6,48 euros HT tous les deux mois, soit 38,88 euros HT par an. En plus, un supplément est prévu pour ceux qui ne transmettent pas leur relevé d’index ou ne fixent pas de rendez-vous pour la relève : 4,14 euros tous les deux mois, soit 24,84 euros par an. Au total, cela peut représenter frais supplémentaires de 63,72 euros HT par an pour ces foyers.
Cette tarification a été pensée pour inciter à adopter le Linky et pour couvrir les frais liés au maintien des anciens systèmes. Elle s’inscrit aussi dans l’effort de modernisation du réseau électrique français.
Installation et obligations légales
Côté installation, Enedis dispose de certains droits. Si le compteur est à l’extérieur du logement, l’entreprise peut l’installer sans demander au préalable l’accord du résident. Par contre, s’il se trouve à l’intérieur, l’accord du résident est indispensable.
L’aspect légal autour du compteur Linky n’est pas simple. Stéphane Lhomme explique à RMC, par exemple, qu’« aucun texte de loi n’impose le Linky. Il y a une directive européenne, mais elle n’est qu’indicative ». La Cour d’appel de Bordeaux avait déjà confirmé en 2020 qu’« aucun texte légal ou réglementaire n’oblige Enedis à équiper les particuliers de ce compteur ». Cependant, une décision récente de la Cour de cassation en avril 2025 a fait évoluer la situation en déclarant que « les usagers ne peuvent s’opposer à l’installation obligatoire d’un compteur LINKY sur leur propriété ». Cette décision montre que l’exercice par Enedis de ses droits, comme gestionnaire du réseau public d’électricité, s’impose aux usagers selon la loi et le contrat réglementé.
L’avenir du réseau électrique français
La polémique autour du compteur Linky illustre bien les défis de la modernisation énergétique en France. Même si la majorité des foyers ont adopté ce nouveau système, une petite minorité reste sur la défensive, pour des raisons allant des inquiétudes sur la vie privée aux préoccupations sanitaires.
Le débat met en lumière les tensions entre l’innovation technologique et les droits individuels. Alors que le pays s’oriente vers une infrastructure électrique plus moderne et efficace, il est important d’expliquer clairement ces changements au grand public pour faciliter la transition.






