Énergies renouvelables : l’ONU acte la fin de l’ère pétrole

L’ONU annonce la fin de l’ère du pétrole : les énergies renouvelables coûtent désormais moins cher, bouleversant les équilibres économiques mondiaux.

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Énergies renouvelables : l’ONU acte la fin de l’ère pétrole
Énergies renouvelables : l’ONU acte la fin de l’ère pétrole © L'EnerGeek

À l’occasion d’un discours solennel, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a entériné, le 22 juillet, un changement tectonique dans l’histoire énergétique contemporaine. Pour la première fois, les investissements dans les énergies renouvelables sont non seulement plus rentables que ceux dans le pétrole, mais ils annoncent aussi, selon l’ONU, la fin d’un cycle. Une déclaration qui bouscule les modèles industriels établis depuis plus d’un siècle.

Le pétrole défait sur son propre terrain

Le dernier rapport de l’IRENA (Agence internationale pour les énergies renouvelables), publié en juin 2025, confirme un renversement spectaculaire : 91 % des nouveaux projets d’énergies renouvelables dans le monde sont désormais moins chers que les alternatives fossiles. Le solaire photovoltaïque affiche un coût inférieur de 41 % par rapport à la source fossile la plus économique, tandis que l’éolien terrestre divise les coûts par deux.

António Guterres, dans une déclaration relayée par The Guardian, a déclaré : « les combustibles fossiles arrivent en fin de course ». Avant d’ajouter : « Il n’y a pas de flambée des prix pour la lumière du soleil, pas d’embargo sur le vent ».

Une dynamique économique irrésistible

En 2024, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont culminé à 2 000 milliards de dollars. Soit 800 milliards de plus que ceux affectés aux énergies fossiles sur la même période. Cette tendance n’est pas le fruit du hasard.

Trois facteurs convergent selon IRENA : l’industrialisation bas carbone en Chine, la massification des technologies compatibles avec le renouvelable, et une logique de retour sur investissement désormais favorable au vert. António Guterres a résumé cette logique par une formule percutante : « Contentez-vous de suivre l’argent ».

L’ultimatum lancé aux géants de la Tech

Dans le même discours, António Guterres a interpellé directement les grandes entreprises du numérique. Objectif : les contraindre à adopter 100 % d’électricité bas carbone d’ici 2030. Il vise explicitement Amazon, Google et Microsoft, tous trois énergivores en raison de leurs centres de données et services d’intelligence artificielle. Ce virage est aussi un levier stratégique.

Si ces géants investissent déjà massivement dans le solaire et l’éolien, les infrastructures de distribution peinent à suivre. À ce jour, selon l’IRENA, seuls 60 centimes sont investis dans les réseaux électriques pour chaque dollar dédié à la production d’énergie renouvelable.

Un modèle énergétique sous tension

Malgré la dynamique favorable, le modèle énergétique reste fragile. Le rapport IRENA souligne que près de 3 000 gigawatts de projets renouvelables sont actuellement en attente de raccordement aux réseaux mondiaux.

À cela s’ajoutent des obstacles majeurs : fragmentation des chaînes d’approvisionnement, barrières douanières, et dépendance aux matériaux critiques. La technologie est prête, les capitaux sont disponibles, mais la logistique structurelle freine l’élan.

Le pétrole, désormais synonyme de vulnérabilité économique

António Guterres alerte : les pays persistant à soutenir les énergies fossiles s’exposent à de lourds risques. Inflation, obsolescence des infrastructures, instabilité géopolitique : les actifs fossiles deviennent des passifs. L’énergie solaire ou éolienne, à l’inverse, garantit des prix stables, non soumis à l’OPEP, ni à la spéculation.

Dans son allocution du 22 juillet 2025, António Guterres insiste, dans des propos rapportés par UN.org : « Les subventions aux énergies fossiles ont atteint 620 milliards de dollars en 2023. C’est neuf fois plus que ce qui a été consacré aux énergies renouvelables ».

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