Depuis 2015, l’industrie automobile est secouée par l’affaire Dieselgate, qui a révélé que plusieurs constructeurs, dont Volkswagen, Renault et Fiat-Chrysler, ont falsifié les données sur les émissions polluantes de leurs véhicules. Le 16 juillet 2025, un nouveau rebondissement survient avec un procès pour tromperie aggravée qui vise Fiat-Chrysler, désormais Stellantis. Cette fraude, impliquant des moteurs diesel Multijet II commercialisés entre 2014 et 2017, dépasse largement la simple question de la responsabilité industrielle. Elle questionne aussi les retards qu’elle a engendrés dans la transition énergétique nécessaire à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de pollution.
L’industrie automobile face à la transition énergétique
Le scandale du Dieselgate s’inscrit dans un contexte où la transition énergétique est devenue une priorité mondiale. Depuis la signature des accords de Paris en 2015, les États se sont engagés à limiter l’empreinte carbone de leurs économies. Le secteur automobile, particulièrement celui des moteurs à combustion interne, a longtemps été un frein à ces objectifs. Les véhicules à diesel émettent une grande quantité de oxydes d’azote (NOx), des polluants responsables de graves problèmes de santé publique. Pourtant, malgré la prise de conscience croissante des enjeux climatiques, de nombreux constructeurs ont continué à vendre des véhicules non conformes aux normes environnementales.
L’exemple de Fiat-Chrysler est particulièrement révélateur. Entre 2014 et 2017, des modèles sous les marques Fiat, Alfa Romeo et Jeep ont été équipés de moteurs diesel Multijet II, qui ont souvent dépassé les seuils réglementaires d’émission. Le groupe, désormais intégré dans Stellantis, a accepté des accords avec les régulateurs américains pour solder les poursuites en 2019, mais la justice française, elle, poursuit l’enquête. Cette fraude a des conséquences bien au-delà du simple manquement juridique. Elle a retardé l’introduction de technologies propres, telles que les véhicules électriques, qui auraient pu contribuer à une réduction significative des émissions polluantes et à un début de transition vers une énergie plus verte dans le secteur des transports.
L’impact du Dieselgate sur les objectifs énergétiques mondiaux
Chaque véhicule diesel non conforme qui a été commercialisé pendant cette période a représenté non seulement une fraude économique, mais aussi un retard dans la réalisation des objectifs climatiques mondiaux. Selon des experts, cette fraude, en particulier l’utilisation de moteurs dont les systèmes de dépollution ne fonctionnaient que sous des conditions spécifiques de test, a permis à Stellantis et à d’autres constructeurs de continuer à vendre des voitures polluantes sous de fausses promesses de conformité aux normes environnementales. Libération et Le Journal Auto soulignent que ce retard a eu des effets directs sur les politiques énergétiques européennes, freinant l’adoption de technologies plus propres.
La commercialisation de véhicules à forte pollution empêche également les consommateurs de prendre conscience de l’importance d’opter pour des alternatives écologiques. En France, où les moteurs diesel représentent encore une part importante des ventes, ce manque de transparence a retardé la transition vers des véhicules électriques ou hybrides. Les émissions de CO2 et de NOx des moteurs diesel ont également contribué à l’aggravation des problèmes de pollution dans les grandes agglomérations, là où les politiques énergétiques devraient être les plus ambitieuses pour réduire les effets du réchauffement climatique.
Un virage vers l’énergie verte retardé
Le Dieselgate montre aussi l’incapacité de certains géants de l’automobile à répondre aux exigences d’une société de plus en plus soucieuse de la préservation de l’environnement. Bien que des efforts soient déployés pour encourager l’utilisation de véhicules électriques, le scandale a mis en lumière les intérêts économiques qui continuent de dicter les choix industriels. Stellantis, par exemple, a été confronté à des pressions sur ses produits polluants alors même qu’il s’engageait dans une transformation vers des véhicules électriques et hybrides. Pourtant, les nombreuses plaintes et les accords à l’amiable, comme ceux obtenus avec les autorités américaines, montrent que l’intégration de normes plus strictes sur la réduction des émissions reste une tâche complexe.
En fin de compte, les efforts pour répondre à l’urgence climatique seront-ils renforcés ou freinés par des scandales comme le Dieselgate ? La fraude au diesel a montré qu’une transition énergétique est impossible sans une transparence totale des acteurs industriels. Les constructeurs doivent non seulement respecter les normes existantes, mais aussi anticiper les futures exigences énergétiques et environnementales.
Alors que le monde se tourne de plus en plus vers une énergie verte et une économie décarbonée, des affaires comme le Dieselgate rappellent que des intérêts économiques bien ancrés ont retardé cette transformation. Les conséquences juridiques et environnementales pour des groupes comme Fiat-Chrysler (Stellantis) pourraient enfin permettre de faire avancer la transition énergétique. Toutefois, le chemin reste semé d’embûches. En fin de compte, la question reste : combien de temps l’industrie automobile mettra-t-elle encore à se réinventer pleinement dans cette ère de transition énergétique?





