L’Association des villes pour la propreté urbaine (AVPU) a dévoilé, ce 22 mai, son classement annuel. À l’occasion de ses rencontres nationales organisées à Lille, elle a décerné ses fameuses étoiles « Éco Propre », une labellisation qui récompense les villes françaises les plus engagées dans la lutte contre la salissure urbaine. Parmi les surprises ? L’absence flagrante de Paris, et l’arrivée tonitruante de nouveaux venus au sommet du classement.
Des villes propres, une utopie ? Pas pour Antibes et Le Havre
Dans un paysage urbain souvent entaché de mégots, de papiers gras et de mobilier vandalisé, certaines collectivités parviennent à tirer leur épingle du jeu. En 2025, deux nouvelles venues ont décroché la cinquième étoile du label « Éco Propre » : Antibes (Alpes-Maritimes) et Le Havre (Seine-Maritime). Elles rejoignent ainsi un club très fermé déjà composé de Nice, Niort, Saint-Brieuc, Cannes et Metz.
Pour décrocher ce graal de la propreté, il ne suffit pas de balayer devant sa porte. Selon les critères définis par l’AVPU, il faut « engager des plans d’action pour améliorer durablement la propreté des espaces publics » en misant sur une amélioration réelle des comportements des usagers. Concrètement, cela implique campagnes de sensibilisation, renforcement de la surveillance, mise en place de dispositifs innovants de collecte, ou encore éducation citoyenne. À Metz, le message a été reçu cinq sur cinq : un enfant de 4 ans y a écopé d’une amende de 145 euros pour dépôt sauvage. Si l’anecdote fait sourire, elle illustre le niveau d’exigence attendu.
Rennes, Nantes, Pau… des efforts qui paient
D’autres territoires progressent à pas mesurés mais constants. Rennes, Nantes, Pau et Gravelines figurent cette année parmi les villes ayant obtenu une quatrième étoile, symbole d’un engagement significatif, mais encore en phase de consolidation. La capitale bretonne, en particulier, s’est distinguée par la création en 2024 d’une brigade anti-incivilités composée de 17 agents. Un dispositif salué pour son efficacité sur le terrain.
L’initiative est jugée exemplaire par l’AVPU, qui ne se contente pas de mesurer la propreté à l’instant T, mais privilégie les actions durables. La méthode ? Un barème qui prend en compte l’amélioration des comportements, la baisse mesurée de la salissure, la structuration des politiques publiques locales, et la capacité à impliquer les citoyens. Ce n’est donc pas une opération de cosmétique, mais bien une stratégie de fond.
Paris, capitale… de la relégation ?
L’absence de Paris dans le classement ne passe pas inaperçue. Ville la plus peuplée de France, la capitale concentre aussi un volume considérable de flux touristiques, de déchets, et d’incivilités. Mais malgré des campagnes de communication à répétition, une multiplication des poubelles et un budget conséquent, elle échoue à figurer parmi les 131 collectivités labellisées cette année.
Ce trou noir dans le palmarès soulève une question : comment expliquer qu’un village de quelques milliers d’habitants parvienne à décrocher trois étoiles, quand la Ville Lumière peine à garantir la propreté de ses avenues ? La réponse, selon plusieurs experts, réside dans l’organisation territoriale, la lisibilité des actions, et surtout, la cohérence des sanctions. Trop de campagnes sans effets visibles, trop peu de fermeté sur les infractions, et une gouvernance fragmentée seraient à l’origine de ce déclassement silencieux.






