À partir de mai 2025, la France se lance dans une initiative environnementale en expérimentant la consigne du verre sur une large échelle. Ce projet cherche à limiter les conséquences sur l’environnement des emballages en favorisant leur réemploi, avec l’idée de généraliser la démarche sur tout le territoire. Cette expérimentation répond aux défis écologiques actuels et encourage des modes de consommation plus responsables, similaires à la gestion des déchets textiles en France.
Les régions pilotes et leur implication
Quatre régions françaises vont servir de terrain d’essai pour ce système innovant : Pays de la Loire, Bretagne, Normandie et Hauts-de-France. Ces régions se démarquent par une performance de tri supérieure à la moyenne nationale, qui est actuellement de 72 kg d’emballages et de papiers triés par an et par habitant. À titre comparatif, en Normandie et dans les Hauts-de-France, on atteint environ 78 kg/an/hab, tandis que les Pays de la Loire affichent 98 kg/an/hab et la Bretagne 106 kg/an/hab.
D’un autre côté, certaines régions, comme Provence-Alpes-Côte d’Azur et Île-de-France, affichent des chiffres plus modestes, soit respectivement 57 kg et 45,5 kg par an et par habitant. Au total, cette expérimentation concernera environ 16 millions de Français.
Déroulement du projet
La production des contenants réemployables commencera en octobre 2024. Les différents modèles proposés seront des bouteilles en verre d’un litre, des bouteilles ambrées de 33cl et 75cl ainsi que des pots de 450 ml et 720 ml. À partir de mars 2025, des dispositifs de collecte seront installés dans les magasins participants.
Les produits concernés par cette consigne incluent notamment les bouteilles de bière, les jus de fruits et divers bocaux alimentaires, favorisant ainsi une réutilisation créative des contenants. Les consommateurs achèteront ces produits dans des contenants réemployables moyennant une consigne. Ces emballages seront ensuite nettoyés à la laverie Bout’ à Bout’, située à Carquefou près de Nantes, qui a la capacité de traiter jusqu’à 60 millions de contenants par an.
Financement et objectifs environnementaux
Le montant de la consigne sera fixé par un arrêté de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Actuellement, les consignes dans le secteur privé varient entre 10 et 40 centimes par emballage. Selon Jean Hornain, directeur général de Citeo, on s’attend à un tarif situé aux alentours de 20 ou 30 centimes selon le format du contenant.
Le but est de mettre en circulation 30 millions d’emballages réemployables, un pas vers une économie circulaire. Selon les prévisions, cela pourrait faire baisser les émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 85% par rapport à l’usage unique. Par ailleurs, on estime que cette mesure permettrait d’économiser jusqu’à 51% d’eau et de réduire la consommation énergétique de 76% en comparaison avec le recyclage classique, contribuant ainsi à une gestion durable des ressources.
Chaque année, la France produit environ 5,3 millions de tonnes d’emballages. La loi anti-gaspillage adoptée en 2020 prévoit que 10 % des emballages soient réemployés d’ici 2027. Pourtant, alors qu’on avait fixé un objectif intermédiaire de 5 % pour 2023, le taux actuel n’atteint que 1,5 %.
Et après ?
Même si l’expérimentation se limite pour l’instant aux quatre régions sans date annoncée pour une extension à l’ensemble du territoire, elle représente un pas significatif vers un avenir plus respectueux de l’environnement. Le réemploi des emballages ménagers reste aujourd’hui inférieur à 1 %, mais ce projet pourrait bien changer la donne.
Comme le rappelle Citeo : « Dès mai 2025, 16 millions de Français pourront acheter des produits dans des emballages réemployables ». Les citoyens sont donc conviés à participer activement à cette transition, pour construire ensemble un avenir plus vert.






