Ne touchez surtout pas à votre pelouse en avril : les raisons vont vous surprendre

Saviez-vous qu’en 30 ans, nous avons perdu jusqu’à 80% des insectes ?

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L'initiative "No Mow May" : une approche innovante pour la biodiversité
Ne touchez surtout pas à votre pelouse en avril : les raisons vont vous surprendre © L'EnerGeek

L’initiative « No Mow May », lancée en 2019 par l’ONG britannique Plantlife, a pris racine au Royaume-Uni et s’étend dès à présent dans d’autres pays voisins. Ce mouvement invite les propriétaires de jardins à laisser leur pelouse pousser pendant le mois de mai, afin de favoriser la biodiversité. En permettant aux fleurs de s’épanouir librement, on offre une véritable bouffée de nourriture pour les insectes pollinisateurs comme les abeilles et les papillons, ce qui contribue à la protection des abeilles.

Les bienfaits de ne pas tondre en avril et mai

Laisser son gazon pousser en avril et mai présente plusieurs avantages pour la nature, notamment pour l’entretien de la pelouse. D’abord, cela permet aux insectes butineurs, tels que les abeilles et les bourdons, de se nourrir du pollen présent sur des fleurs comme les pâquerettes, pissenlits, boutons d’or et fleurs de trèfles. Ces plantes deviennent alors un véritable refuge pour d’autres espèces telles que :

  • les escargots
  • les limaces
  • les chenilles
  • les araignées
  • les phasmes
  • les coléoptères
  • les sauterelles
  • les fourmis

Ces petits êtres jouent un rôle non négligeable dans le maintien de la biodiversité locale.

Par ailleurs, tondre régulièrement risque d’éliminer ces petites créatures et diminue la variété des espèces, ce qui est en accord avec les réglementations strictes visant à protéger la biodiversité. Noëlle Parisi le résume bien : « Un gazon qui est tondu à 4 centimètres, il n’y a pas de vie dedans. » De plus, cette approche profite aux oiseaux qui se nourrissent des insectes présents dans la pelouse.

La gestion raisonnée du gazon

Si vous voulez trouver un compromis entre l’entretien de votre jardin et la préservation de votre petit coin de nature, la tonte différenciée ou raisonnée est une solution sympa. Concrètement, vous tondrez uniquement les zones utilisées au quotidien en laissant d’autres espaces intacts. Ce geste permet de protéger le sol contre l’exposition directe au soleil et de conserver une belle verdure même lors des fortes chaleurs (on dit souvent que la pelouse devient plus résistante).

Adrien Felsmann nous rappelle que tondre trop souvent n’aide pas du tout le gazon : « Quand on coupe très ras toutes les semaines, il ne va pas développer son système racinaire et sera moins résistant. » En adaptant cette méthode, on offre à la pelouse une meilleure chance de supporter les périodes difficiles.

Les pratiques adoptées en France

Quelques villes françaises se sont déjà mises au diapason de ces pratiques. Par exemple, la ville de Saintes en Charente-Maritime encourage ses habitants à réduire la fréquence de tonte, même si cette mesure n’est pas imposée. De plus, plusieurs jardins publics parisiens, dont le Jardin des Plantes, ont opté pour cette méthode afin de dynamiser la biodiversité en ville. Charlotte Toussaint explique : « On fait une première tonte pour alléger les pousses d’hiver et on laisse la nature faire son cycle » (c’est une façon de respecter le rythme naturel de la végétation).

Les observations sur le terrain montrent que les zones non tondues attirent davantage d’insectes et d’oiseaux.

Depuis 20 à 30 ans, on assiste à une forte baisse des populations d’insectes dans le monde.L’utilisation massive de pesticides et diverses activités humaines sont pointées du doigt pour cette diminution.

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