Rhône décarbonation : 1,5 milliard d’euros pour capturer le CO₂

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Rhône décarbonation : 1,5 milliard d’euros pour enfouir le CO₂
Rhône décarbonation : 1,5 milliard d’euros pour capturer le CO₂ © L'EnerGeek

Le 18 mars 2025, le groupe Vicat et ses partenaires industriels ont dévoilé les contours du projet « Rhône décarbonation ». Annoncé comme un levier majeur pour atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre en France, ce projet repose sur une promesse : celle de transformer l’une des cimenteries les plus émettrices du pays en vitrine verte. Mais à quoi correspond exactement cette opération ? Qui la pilote ? Et que cache réellement cette utopie carbone annoncée ?

Une ambition : Rhône décarbonation pour une cimenterie sans CO₂

Derrière le nom technocratique de Rhône décarbonation, se cache un projet colossal piloté par le cimentier français Vicat, épaulé par les sociétés SPSE, Elengy et RTE. Objectif affiché : faire de l’usine de Montalieu-Vercieu, dans le nord de l’Isère, la première cimenterie zéro émission nette de CO₂ d’ici à 2030. Rien que ça. Pour y parvenir, Vicat mise sur un système intégré de captage, transport, liquéfaction et exportation du dioxyde de carbone émis par sa production de ciment. Un projet industriel de plus de 1,5 milliard d’euros, selon les chiffres avancés dans Le Dauphiné Libéré le 18 mars 2025.

Le cœur du dispositif, capter 1,2 million de tonnes de CO₂ chaque année, directement à la sortie des fours de la cimenterie. Un pipeline opéré par SPSE (Société du pipeline sud-européen), déjà existant le long du Rhône, acheminerait le gaz jusqu’à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Là, Elengy prévoit de le liquéfier puis de le charger sur des navires. La destination finale reste floue. Stockage géologique ? Réutilisation ? Cela dépendra du développement des technologies de CCUS (Carbon Capture, Utilization and Storage) comme l’explique Elengy dans son communiqué.

Une concertation publique autour du projet Rhône décarbonation

Une concertation publique a été lancée du 24 mars au 20 juin 2025, encadrée par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP). Sur son site, Vicat annonce une initiative « ouverte à tous », promettant de « répondre aux questions » et « débattre des aspects du projet ».

« Le projet Rhône décarbonation prévoit la création d’une chaîne de captage, transport, liquéfaction et chargement de navires de CO₂ », indique le communiqué officiel daté du 17 mars 2025. La conception technique est aboutie, les partenaires industriels sont pleinement engagés. RTE, le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité, participe au projet afin d’assurer le raccordement énergétique de la cimenterie et du terminal. Selon Vicat, cette contribution a pour but « d’augmenter la puissance électrique délivrée sur le terminal de Fos Tonkin exploité par Elengy ».

Rhône décarbonation : le prototype d’un avenir industriel sous CO₂ capté ?

À travers le projet Rhône décarbonation, Vicat se positionne en pionnier d’un nouveau modèle industriel. « SPSE est définitivement engagé dans la transition énergétique en accompagnant les acteurs industriels vers la décarbonation », affirme Fabien Poure, directeur général de SPSE, dans un communiqué du 3 juin 2024 publié par Elengy.

Nelly Nicoli, directrice générale d’Elengy, a également indiqué : « Ce nouveau projet renforce notre engagement à aider les industriels à décarboner leurs procédés. Grâce au réseau de pipeline de SPSE et au terminal d’Elengy, nous offrons une vraie opportunité de transition. » Mais derrière cette ambition, se profile un choix de société. Veut-on verdir les industries lourdes avec des méthodologies somme toute complexes ? Ou préférons-nous repenser nos modèles de consommation et de production ?

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