Depuis l’arrêt de l’exploitation gazière en 2013, le bassin de Lacq cherche une nouvelle vocation industrielle. Ce 17 mars 2025 marque un tournant avec l’inauguration du chantier de l’usine Caremag, pilotée par la start-up lyonnaise Carester, spécialisée dans le recyclage et le raffinage de terres rares.
En s’installant sur un ancien site de TotalEnergies, Carester bénéficie d’une infrastructure prête à accueillir une activité industrielle de haute technicité. Mais ce qui frappe surtout, c’est l’ampleur du projet : cinq fois plus vaste que prévu initialement et soutenu par un financement franco-japonais de 216 millions d’euros.
Lacq, futur hub industriel des terres rares en Europe ?
Pourquoi un tel engouement ? Parce que les terres rares sont l’or noir du XXIe siècle. Ces métaux, essentiels à la transition énergétique et aux hautes technologies, sont omniprésents dans les véhicules électriques, les éoliennes et l’électronique de pointe. Or, la Chine contrôle actuellement près de 90 % de leur production et de leur raffinage.
L’initiative de Carester vise à réduire cette dépendance en créant la plus grande usine de recyclage et de raffinage de terres rares hors de Chine. À terme, Caremag produira 800 tonnes d’oxydes de néodyme et praséodyme ainsi que 600 tonnes d’oxydes de dysprosium et terbium, soit environ 15 % de la production mondiale actuelle.
Avec 92 emplois directs annoncés et des clients déjà intéressés, comme le constructeur automobile Stellantis et des industriels du secteur éolien, Caremag se positionne comme un acteur clé de l’indépendance industrielle européenne.
Le soutien de l’État français (106 millions d’euros de subventions et d’avances remboursables via France 2030) souligne l’enjeu stratégique du projet. Du côté japonais, la coentreprise Japan France Rare Earth Company, associant Jogmec et Iwatani Corp, apporte 110 millions d’euros pour garantir un accès sécurisé aux matières premières.
Un modèle de recyclage vertueux et prometteur
Caremag mise sur un modèle circulaire : plutôt que d’exploiter de nouvelles mines, l’usine recyclera 2 000 tonnes d’aimants issus de moteurs électriques et raffinera 5 000 tonnes de concentrés miniers.
Bien loin des projecteurs, Lacq est en train de s’imposer comme un maillon essentiel de l’industrie des terres rares en Europe. Si l’usine tenait ses engagements, la France pourrait enfin desserrer l’étau chinois sur ces métaux stratégiques et reprendre la main sur une ressource vitale pour la transition énergétique.





