En France, il est interdit de brûler vos déchets verts en plein air. Cette règle, qui vise à protéger la nature et à préserver la santé publique, est inscrite dans la loi n° 2020-105 du 10 février 2020. Autrement dit, que ce soit l’herbe après la tonte, les feuilles mortes, ou encore les résidus de taille de haies, d’arbustes, d’arbres et même les épluchures de fruits et légumes, tout est concerné.
Les règles et effets sur l’environnement
Brûler ces déchets émet plein de substances toxiques comme les particules fines, les oxydes d’azote, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, le monoxyde de carbone, les composés organiques volatils et les dioxines. Chaque année, environ 830 000 tonnes de déchets verts finissent quand même en fumée en France, ce qui détériore la qualité de l’air. Sans parler des nuisances que ces fumées provoquent auprès des voisins, surtout en zones urbaines ou périurbaines.
Pour contrer cela, la loi prévoit des sanctions. Si vous ne respectez pas l’interdiction, vous risquez une sanctions financières pouvant atteindre 750 euros (article 131-13 du Code pénal). Cette pénalité s’applique aussi à ceux qui mettent à disposition ou vendent un incinérateur destiné à cette pratique interdite. Et si c’est votre voisin qui ne s’en tient pas à la règle, vous pouvez alerter les services d’hygiène municipaux ou engager sa responsabilité pour nuisances olfactives.
Exceptions et dérogations
Même si l’interdiction est générale, il existe quelques cas particuliers, mais ils sont très encadrés. Par exemple, si votre commune n’offre pas de solution de collecte ou de déchetterie pour ces déchets, le maire peut décider d’accorder une dérogation temporaire. De plus, le préfet peut délivrer une autorisation exceptionnelle dans certaines situations, comme pour lutter contre des maladies des plantes ou pour éradiquer des espèces végétales envahissantes. Pour toute demande dans ce sens, renseignez-vous auprès de votre mairie ou préfecture.
Heureusement, il existe des alternatives qui vous permettent d’éviter la sanction et de valoriser vos biodéchets. Le compostage, par exemple, transforme ces résidus végétaux en un amendement naturel riche pour le sol. Le paillage est une autre option : il limite la pousse des mauvaises herbes tout en retenant l’humidité du sol et en protégeant les racines contre le gel. Et puis, il y a le mulching, qui consiste à laisser l’herbe finement coupée sur la pelouse après la tonte pour nourrir naturellement votre gazon.
Il est également possible de déposer vos déchets verts dans une déchetterie ou via des services municipaux. Ces derniers les récupèrent pour les valoriser par compostage industriel ou broyage. Ces solutions vous permettent d’éviter la fumée qui pollue et, en plus, elles favorisent l’économie circulaire (c’est-à-dire que ces déchets reviennent à la vie sous une autre forme).






