Nouvelle flambée du prix du gaz en avril 2025. Après plusieurs mois de variations erratiques, la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) publie un prix repère historiquement élevé, confirmant l’impact de la volatilité des marchés internationaux et des tensions géopolitiques. Mais cette hausse est-elle conjoncturelle ou structurelle ?
La hausse du prix du gaz se poursuit en France
Depuis plusieurs mois, le gaz naturel est au cœur de toutes les préoccupations. La suppression du tarif réglementé de vente (TRVG) en juin 2023 a rendu les prix du gaz entièrement dépendants des fluctuations du marché. En avril 2025, le prix du kilowattheure atteint des sommets, creusant un peu plus le budget des ménages et des entreprises.
Les derniers chiffres publiés par la CRE le 11 mars 2025 confirment une augmentation de 1,8 % sur un mois et une inflation du prix du gaz de 27 % en moins de deux ans. En cause : les tensions sur l’approvisionnement, la spéculation des marchés financiers et une demande qui reste soutenue malgré la diversification des sources énergétiques.
Quel impact sur la facture de gaz des consommateurs et des entreprises ?
La hausse du prix du gaz ne touche pas uniquement les particuliers. Les entreprises, notamment dans les secteurs industriels et tertiaires, subissent de plein fouet l’explosion des coûts énergétiques.
Pour les ménages : une facture qui s’alourdit encore
Les foyers chauffés au gaz voient leur facture grimper inexorablement.
| Mois | Prix du kWh (€) | Montant de la facture annuelle moyenne (€) | Évolution (%) |
|---|---|---|---|
| Janvier 2025 | 0,1185 | 1 605 | +4,45 % |
| Février 2025 | 0,1187 | 1 607 | +0,12 % |
| Mars 2025 | 0,1213 | 1 637 | +1,8 % |
| Avril 2025 | 0,1241 | 1 667 | +1,8 % |
La facture moyenne d’un ménage consommant 11 200 kWh par an a ainsi augmenté de plus de 300 euros en moins de deux ans.
Pour les entreprises : une perte de compétitivité croissante
Les industriels fortement consommateurs de gaz – chimie, métallurgie, agroalimentaire – voient leur coût de production exploser :
- La tonne d’ammoniac, essentielle à la fabrication des engrais, affiche un prix en hausse de 35 % par rapport à 2023.
- Les boulangeries, restaurateurs et PME artisanales peinent à absorber la hausse du prix du gaz, entraînant une répercussion sur les prix de vente aux consommateurs.
- Certaines usines européennes ralentissent leur production, comme en 2022, en raison de coûts énergétiques devenus insoutenables.
Vers une accalmie des prix du gaz dans les prochains mois ?
Malgré cette tendance haussière inquiétante, des signaux indiquent que mai et juin 2025 pourraient marquer une inversion de la courbe.
Un repli des prix du gaz dès mai ?
D’après les analystes de Selectra, une baisse de 5,4 % est attendue en mai 2025 grâce à plusieurs facteurs :
- Une offre de gaz plus abondante sur les marchés européens, avec des arrivages massifs de GNL en provenance des États-Unis et du Qatar.
- Une stabilisation des prix des contrats à terme, après des mois de surenchère.
- Une baisse saisonnière de la demande, les températures plus douces réduisant les besoins en chauffage.
Des prévisions plus favorables à moyen terme
Si la situation reste instable, les projections tablent sur une baisse de 24 % du prix du gaz d’ici 2028 grâce à :
- Le développement accéléré des infrastructures de stockage et de transport en Europe.
- La montée en puissance des énergies renouvelables, réduisant la dépendance au gaz.
- La signature de nouveaux contrats long terme avec des pays fournisseurs stabilisant les prix.
La hausse du prix du gaz en avril 2025 confirme une tendance lourde qui pèse sur les consommateurs et les entreprises. Si des baisses sont attendues dans les mois à venir, la volatilité du marché impose de rester vigilant et de diversifier les sources d’énergie.






