Hydroélectricité : EDF s'installe au Cameroun avec le projet Nachtigal

Hydroélectricité : EDF s’installe au Cameroun avec le projet Nachtigal

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Le 8 novembre 2018, EDF a annoncé la signature d’un accord avec le Cameroun pour construire la centrale hydroélectrique Nachtigal. L’énergéticien français se chargera également de l’exploitation du site pendant 35 ans. Ainsi, la future centrale couvrira une importante partie des besoins électriques de la région. Par ailleurs, elle conforte aussi EDF dans sa stratégie CAP 2030…

Nachtigal couvrira 30% des besoins électriques du Cameroun

Le 8 novembre 2018, EDF a signé un accord définitif avec le gouvernement du Cameroun pour la centrale hydroélectrique de Nachtigal. La future centrale sera construite sur un barrage géant, qui se situera au niveau des chutes de Nachtigal, sur le fleuve Sanaga. Ce projet, à 65 km au Nord-Est de Yaoundé, la capitale du Cameroun, permettra de fournir assez d’électricité pour couvrir 30% de la consommation nationale du Cameroun.

EDF aura la charge de concevoir les plans des futures infrastructures, de les construire puis d’exploiter la centrale hydroélectrique pendant 35 ans. Avec Nachtigal, le Cameroun disposera donc d’une usine hydroélectrique de 420 MW composée de sept turbines. En plus de la centrale hydroélectrique, EDF construira notamment une ligne électrique de 50 km pour transporter l’électricité jusqu’à Nyom. EDF estime que la production annuelle de la future centrale hydroélectrique de Nachtigal devrait s’élever à 3 TWh. Un accord d’achat de l’électricité a déjà été passé entre EDF et l’opérateur du réseau électrique, “au bénéfice des consommateurs camerounais“. Le chantier doit commencer d’ici la fin d’année 2018, avec une mise en service du barrage prévue pour 2023.

Le  ministre de l’Eau et de l’Energie (MINEE) du Cameroun, Gaston Eloundou Essomba, indique de son côté que le barrage hydroélectrique de Natchigal va générer 1500 emplois directs. Interrogé sur le chantier, le Vice-Président d’IFC en charge de l’Afrique et du Moyen-Orient, Sérgio Pimenta, rappelle que “Nachtigal est un projet phare pour le Cameroun“, qui s’est engagé à respecter l’Accord de Paris.

Un financement inspiré des énergies renouvelables

Le coût global du projet Nachtigal se chiffre à hauteur de 1,2 milliard d’euros. Il sera piloté par la société Nachtigal Hydro Power Company ; une société constituée à 40% par EDF, à 30% par l’Etat du Cameroun et à 30% par ICF, une filiale du groupe Banque Mondiale. Pour financer le projet, la NHPC s’est inspirée d’un modèle de financement courant dans les énergies renouvelables. Ce financement de projet repose sur des prêteurs.

Ce groupe de prêteurs est constitué par quatre banques commerciales camerounaises et par onze institutions internationales spécialisées dans le développement d’infrastructures. Ces prêteurs vont financer 75% du projet. Parmi eux, le Vice Président de la banque Européenne d’Investissement, Ambroise Fayolle se félicite de participer à un projet qui va “changer la vie quotidienne de millions de personnes“.

L’Afrique : un marché de l’énergie très prisé

Pour EDF, ce nouveau contrat s’avère d’autant plus important qu’il permet à l’énergéticien de confirmer sa stratégie CAP 2030. L’électricien vise à tripler ses activités en dehors de l’Europe et doubler sess capacités renouvelables dans le monde à l’horizon 2030. Ainsi, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a souligné l’importance du projet Nachtigal pour l’énergéticien français : “nous sommes fiers que le Cameroun reconnaisse le savoir-faire d’EDF en tant qu’hydraulicien de référence” ; avant de rappeler que “la signature de ces accords renforce la position du Groupe en Afrique, continent sur lequel nous sommes présents depuis plus de 50 ans“. De même, la Vice-Présidente d’EDF en charge de l’Afrique, Valérie Levkov, salue “un bel exemple de coopération internationale“.

A l’heure où l’Afrique développe sa capacité de production électrique, particulièrement dans la filière des énergies renouvelables, cet ouvrage permet aussi à EDF de diversifier un peu plus ses projets énergétiques sur le continent. Car EDF exploite par exemple déjà des parcs éoliens en Afrique du Sud. Le groupe est aussi engagé au Maroc, avec le programme éolien intégré soutenu par l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen). Parallèlement, il est présent en Egypte, où il a récemment remporté les projets de construction de deux futures centrales solaires.

Bien implanté sur le continent, la concurrence reste farouche dans le secteur de l’énergie en Afrique. Plusieurs pays africains ont récemment passé des accords avec des entreprises internationales pour assurer leur développement électrique. Le Kenya s’est tourné vers un groupe finlandais, Wärtsilä, pour construire ses deux prochaines centrales solaires. Qui plus est, une compagnie philippine serait sur le point de racheter Electricity Company of Ghana. Enfin, la Chine est présente dans plusieurs pays pour financer différentes infrastructures énergétiques, notamment avec les financements de l’Export-Import of China (Eximbank).

Rédigé par : La Rédaction

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