Construction des EPR britanniques: contrat de 36 milliards d'euros quasi-finalisé - L'EnerGeek

Construction des EPR britanniques: contrat de 36 milliards d’euros quasi-finalisé

HinkleyPoint_photoRichard BakerD’après les informations publiées par le “Guardian” en date du 5 août, le gouvernement anglais et EDF auraient trouvé un accord pour procéder au redémarrage du projet d’EPR Hinkley Point C. A la clé, un contrat de 25 milliards de livres (36 milliards d’euros) pour construire la toute première centrale nucléaire outre-Manche depuis un quart de siècle.

Le projet avait récemment fait l’objet d’une interruption dans l’attente d’une décision finale d’investissement. Mais le gouvernement britannique et EDF Energy (filiale britannique de l’énergéticien français) se sont accordés à finaliser leur contrat au mois d’octobre.

La semaine dernière, le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy déclarait ainsi : “Nous avançons très rapidement vers une décision finale après la pause de l’été”. D’après le “Guardian”, deux sociétés chinoises devraient s’allier à EDF dans le cadre du projet d’EPR Hinkley Point C (deux réacteurs EPR) et supporter environ deux tiers des coûts d’investissement.

Depuis le mois de juillet, EDF Energy peaufine l’écosystème du projet. Il a à cet égard retenu les sous-traitants qui lui ont transmis les meilleurs offres, pour un total de 1,3 milliard de livres de contrats, dans les domaines de la construction, de l’ingénierie et des services annexes.

Pour rappel, l’EPR devrait être construit dans le Somerset, au Sud-Ouest de l’Angleterre, et permettrait de répondre à 7% des besoins en électrique d’une Grande-Bretagne qui, à l’instar des Etats-Unis, cherche à décarboner son secteur énergétique encore largement dépendant des ressources fossiles émettrices de CO2.

Crédit photo : Richard Baker

Rédigé par : Fabien Maout

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COMMENTAIRES

  • Est-ce que quelqu’un saurait m’expliquer pourquoi ceux deux réacteurs s’élèvent a une somme aussi élevée ? En France, même avec les retards et les nombreux surcouts on est quand même a environ 8.5 milliards d’euros pour l’EPR Flamanville alors qu’ici chaque réacteur couterait dans les 18 milliards d’euros (ou 12.5 milliards de livres) pour les EPR UK.

    Ok, l’EPR c’est du 16500MW mais par exemple ROSATOM a vendu ses deux VVER1200 pour 12 milliards d’euros au total a la Hongrie et leur réacteurs sont de bonne facture. Certes, la puissance n’est pas aussi élevée que l’EPR et les systèmes de sécurité et de sauvegarde ne sont surement pas équivalents a ceux de l’EPR mais bon… De plus, je croyais que la France allait brader un peu ses réacteurs pour nos amis européens mais pas du tout ! Et EDF Energy va également pouvoir imposer ses tarifs sur l’électricité fournie par ces deux EPR pendant 35 ans il me semble (les prix semblent assez élevés).

    Bref, ma question est : n’a t-on pas un peu enflé les anglais quand ils auraient pu avoir quelque chose de globalement équivalent pour moins cher auprès des coréens ou des américains par exemple ?

    Et aussi, pourquoi des groupes chinois financent-ils les EPR anglais ? Qu’ont-ils a y gagner ? Car je ne pense pas qu’EDF/Areva leur donneront un libre accès au savoir technologique simplement parce qu’ils ont pris part au financement du projet (a moins que je me trompe).

    Signé un jeune ingénieur EDF curieux

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    • Peut-être parce que les réacteurs ne seront payés qu’à la production d’électricité. Un MWh à la fois sur 35ans, dans une dizaine d’années. Donc en attendant, walou.
      Il faut des reins solides pour se genre d’opération mais à la clé, un énergie que le gouvernement britannique pense quand même plus sûre, dans tous les sens du terme, que d’une autre origine.

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    • Aussi, les concurrents russes, chinois, et coréens ne sont pas contraints par les diverses règles de libéralisme et libre-concurrence européenne qui empêche un Etat de financer, ni même de proposer un mécanisme de financement de projets hautement capitalistiques à l’étranger.

      Ca explique sûrement pourquoi EDF doit chercher de l’argent chez les Chinois, que dans son propre pays auquel il contribue à hauteur de 4 milliards de dividende par an.

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    • Ces réacteurs seront peut-être les 5 et 6ième construits dans le monde, mais ils seront les premiers construits aux RU depuis des décennies.

      Autrement dit, pour l’ensemble des prestataires britanniques, notamment de BTP (la partie la plus lourde et la plus risquée du chantier), ce sera une tête de série. Ce sera aussi le premier EPR construit aux normes anglaises : EDF n’a donc probablement pas voulu renouveler l’erreur de Flamanville en annonçant des délais et des budgets trop ambitieux.

      Les premiers EPR britanniques seront donc chers, EDF l’affiche dès le début. L’accord prévoit déjà que le tarif passera de 92,5£/MWh à 89,5£/MWh si la décision d’investissement est prise pour les deux EPR suivants de Sizewell C. L’effet de série est clairement affiché pour les 4 premiers EPR, et de nouveaux tarifs on l’imagine plus faibles seront négociés pour les réacteurs suivants.

      Par ailleurs, attention à ne pas comparer les prix de réacteurs dans des pays différents, où les réglementations et les coûts de main d’oeuvre ne sont vraiment pas les mêmes.

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