Terres rares : Solvay sécurise au Brésil de futurs approvisionnements pour son usine de La Rochelle

Solvay a signé un contrat de long terme avec l’australien Viridis pour alimenter son usine de La Rochelle en terres rares issues du projet brésilien Colossus. Les premières livraisons sont envisagées en 2028, sous réserve de la mise en production du site minier.

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Terres rares : Solvay sécurise au Brésil de futurs approvisionnements pour son usine de La Rochelle © L'EnerGeek

Le chimiste belge Solvay a annoncé le 4 novembre 2026 la signature d’un accord ferme d’approvisionnement avec l’entreprise australienne Viridis Mining and Minerals. Le contrat prévoit l’acheminement vers son usine de La Rochelle de matières premières contenant des terres rares extraites du projet Colossus, au Brésil. Les premières livraisons sont attendues à partir de 2028, un calendrier qui dépend encore de la réalisation du projet minier.

Ce nouvel accord, détaillé dans le communiqué officiel de Solvay, transforme en engagement contractuel la lettre d’intention annoncée en juin. Il s’inscrit dans les efforts européens de diversification des matières premières utilisées notamment dans les aimants permanents des moteurs électriques et de certaines éoliennes.

Un contrat jusqu’en 2034 pour l’usine de La Rochelle

Le contrat initial court jusqu’en 2034. Il concerne des carbonates mixtes de terres rares issus du projet Colossus, que l’usine de La Rochelle doit ensuite séparer et purifier en produits adaptés aux usages industriels. Parmi les éléments visés figurent le néodyme et le praséodyme, mais aussi le dysprosium et le terbium, recherchés pour leurs propriétés dans certains aimants performants.

Selon Solvay, les volumes minimaux contractés de ces quatre éléments représentent environ 70 % de la capacité de production anticipée du projet Colossus pendant la période initiale. Le groupe bénéficie en outre d’un droit de première offre sur le solde de production, qui ne constitue pas un engagement automatique d’achat de l’ensemble des volumes restants.

Cette distinction importe : le pourcentage annoncé repose sur des prévisions de production future, et non sur des tonnages déjà extraits ou livrés. L’accord commercial sécurise un débouché potentiel mais ne signifie pas que la mine brésilienne fonctionne déjà à pleine capacité.

Pourquoi les terres rares comptent pour l’énergie

Les aimants permanents à terres rares interviennent dans certaines technologies de production et d’utilisation de l’électricité. Ils peuvent équiper des génératrices éoliennes, des moteurs de véhicules électriques et divers équipements industriels. Tous les modèles d’éoliennes ou de moteurs n’en utilisent toutefois pas : les architectures techniques diffèrent selon les fabricants.

Pour l’industrie européenne, l’enjeu porte autant sur la disponibilité du minerai que sur sa transformation. L’extraction, la séparation chimique et la fabrication d’aimants sont des étapes distinctes. L’installation de La Rochelle est présentée par Solvay comme l’une des grandes capacités de séparation et de purification des terres rares situées hors de Chine. Un approvisionnement supplémentaire pourrait contribuer à mieux utiliser ces capacités, sans suffire à lui seul à rendre toute la chaîne industrielle européenne autonome.

La portée de l’accord dépasse ainsi la seule industrie chimique. Il touche à la résilience des fournisseurs de composants nécessaires à l’électrification et aux énergies renouvelables, alors que les chaînes mondiales restent concentrées. Les enjeux de diversification et de transformation locale avaient déjà été soulignés lors des discussions entre l’Union européenne et le Brésil sur les minerais critiques, rapportées par Reuters.

Des livraisons prévues, pas encore acquises

Viridis développe Colossus au Brésil et cherche à réunir les conditions financières et industrielles de sa mise en exploitation. Le contrat signé avec Solvay peut renforcer la visibilité commerciale du projet, mais la construction, les autorisations et la montée en puissance restent des étapes à franchir. La date de 2028 constitue donc une perspective, non une livraison garantie.

Les deux entreprises envisagent également un accord distinct portant sur des licences technologiques et un accompagnement technique, afin de produire au Brésil un carbonate plus élaboré avant son envoi en France. Solvay précise que cet arrangement demeure à formaliser : il ne faut pas le confondre avec le contrat d’approvisionnement déjà signé.

Pour La Rochelle, l’enjeu sera désormais de convertir cet engagement commercial en flux industriels réguliers. Pour les filières européennes de l’éolien et de la mobilité électrique, il s’agit d’une étape de diversification supplémentaire, dont l’effet réel dépendra des volumes effectivement produits, livrés et transformés au cours des prochaines années.

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