Au Bourget, samedi 7 novembre 2026, Jean-Luc Mélenchon a présenté une orientation énergétique qui tranche avec la stratégie française actuelle : renoncer à construire les nouveaux réacteurs EPR2 et donner la priorité aux énergies renouvelables. Il s’agit d’une proposition électorale, pas d’une décision gouvernementale.
Le candidat de La France insoumise défend une transformation profonde du système électrique. Selon le compte rendu de Reuters publié le 7 novembre, son programme prévoit l’abandon des réacteurs EPR2 envisagés et le remplacement progressif du nucléaire par les renouvelables.
Ce choix serait lourd de conséquences pour une filière qui prépare ses investissements sur plusieurs décennies. Les EPR2 ne sont pas de simples équipements que l’on peut commander ou annuler sans effet sur les entreprises : ils mobilisent des études, des compétences industrielles, des chaînes de fournisseurs et des décisions publiques successives.
Un projet politique face à des investissements de long terme
La France a engagé une relance de son programme nucléaire autour de nouveaux réacteurs. Le projet EPR2 doit contribuer, selon ses promoteurs, à renouveler à terme une partie du parc et à disposer d’une production pilotable bas carbone. Abandonner cette orientation supposerait de revoir le calendrier industriel et les hypothèses d’approvisionnement électrique.
À l’inverse, les partisans d’une transition plus rapide vers les renouvelables mettent en avant le développement de l’éolien, du solaire et des moyens de flexibilité. Une telle transformation ne se résume cependant pas à substituer une centrale par un parc renouvelable : il faut aussi adapter les réseaux, les capacités de stockage, la gestion de la demande et les moyens disponibles lorsque le vent ou le soleil manquent.
Le programme présenté au Bourget ouvre donc un débat sur le rythme de cette transition, ses coûts et sa sécurité d’approvisionnement. Il ne permet pas, à lui seul, de conclure que des chantiers seraient interrompus dès maintenant ni de chiffrer les économies ou les dépenses qui en résulteraient.
La décision dépendrait de l’élection et de sa mise en œuvre
Une victoire à la présidentielle ne suffirait pas à transformer instantanément le mix électrique. Les orientations annoncées devraient être traduites en décisions réglementaires, budgétaires et industrielles, avec les contraintes propres aux installations existantes et aux projets en préparation.
La position de Mélenchon s’inscrit dans un programme plus vaste présenté le même jour, comprenant notamment des propositions sur les salaires et les retraites. PolitiqueMatin a détaillé ces engagements électoraux. Pour le secteur de l’énergie, le point de divergence est particulièrement net : la question n’est pas seulement de produire davantage d’électricité décarbonée, mais de déterminer quelle place conserver au nucléaire dans les décennies à venir.






