La Commission de régulation de l’énergie (CRE) demande de revoir certains choix de production électrique inscrits dans le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de Mayotte. Dans son rapport d’analyse mis en ligne le 5 novembre 2026, le régulateur reconnaît la nécessité de nouvelles capacités face à la croissance attendue de la consommation, tout en mettant en garde contre le coût de deux moyens supplémentaires de production de base.
La PPE, élaborée conjointement par l’État et le Conseil départemental de Mayotte, fixe les orientations du territoire pour la production, les économies d’énergie et les transports. Le document examiné par la CRE demeure un projet : les avis et consultations précèdent son adoption définitive.
Des moyens de pointe plutôt que deux nouvelles unités de base ?
Le projet prévoit la mise en service de nouvelles capacités pilotables pour garantir l’équilibre entre l’offre et la demande. La CRE estime ce renforcement justifié, mais souligne que le système électrique mahorais ne dispose pas actuellement de centrale de pointe. Construire deux moyens de base, destinés à fonctionner de manière régulière, pourrait donc entraîner des surcoûts importants.
Le régulateur recommande d’examiner une solution associant production de base et moyens de pointe, mobilisables lorsque la consommation l’exige. Il invite également les porteurs de projets à rechercher des économies de dimensionnement et des subventions, notamment européennes, pour réduire les charges de service public de l’énergie.
Le solaire et la géothermie au cœur de l’équilibre économique
La trajectoire mahoraise repose aussi sur un développement du photovoltaïque et de la géothermie. Selon la présentation de ses avis par la CRE, ne pas atteindre les objectifs de ces filières renchérirait les charges de service public supportées par les consommateurs.
Autre point de vigilance : la conversion au bioliquide des moyens thermiques existants, envisagée pour 2028. La CRE alerte sur l’augmentation des coûts variables de production et demande un examen approfondi du calendrier, du combustible retenu et des contraintes logistiques de la centrale des Badamiers.
Une programmation encore soumise à plusieurs étapes
Les projets de PPE des zones non interconnectées doivent faire l’objet de consultations institutionnelles puis d’une consultation publique d’au moins un mois, avant validation par les collectivités concernées et adoption par décret. La CRE a également publié ses analyses des projets de la Guadeloupe et de la Corse, qui soulignent les conséquences financières de la conversion au bioliquide de centrales thermiques.
Pour Mayotte, l’arbitrage portera donc autant sur la sécurité d’approvisionnement que sur la répartition du coût des investissements entre financements publics et charges du système électrique.






