La chute des valeurs de l’IA frappe aussi les entreprises qui alimentent les centres de données

Le plongeon du Nasdaq le 5 novembre ne s’est pas limité aux fabricants de puces. Des sociétés liées à l’électricité et aux infrastructures des centres de données ont également reculé, révélant la sensibilité des investissements énergétiques aux perspectives de l’intelligence artificielle.

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La chute des valeurs de l’IA frappe aussi les entreprises qui alimentent les centres de données © L'EnerGeek

La forte baisse des actions américaines du jeudi 5 novembre 2026 a atteint bien au-delà des fabricants de semi-conducteurs. Les entreprises qui fournissent de l’électricité et des équipements aux centres de données ont aussi subi les ventes des investisseurs. Selon Associated Press, le Nasdaq a perdu environ 5,5 % et le S&P 500 près de 4,4 % à la clôture.

Le mouvement a particulièrement touché les sociétés associées aux dépenses d’infrastructure de l’intelligence artificielle. Nvidia a reculé de 9,3 %, tandis que le fournisseur d’équipements énergétiques GE Vernova a perdu environ 7,5 %. Ces variations boursières ne constituent pas une baisse équivalente des commandes ou de la consommation électrique : elles traduisent une révision rapide des anticipations des investisseurs.

Le risque d’un ralentissement des chantiers

Les centres de données consacrés à l’IA nécessitent de grandes quantités d’électricité, mais aussi des transformateurs, des équipements de raccordement, des systèmes de refroidissement et parfois de nouvelles capacités de production. La croissance attendue de ce marché a soutenu les valorisations d’entreprises très différentes, des fabricants de puces aux fournisseurs d’infrastructures électriques.

La séance du 5 novembre a mis en évidence une vulnérabilité commune : si les projets de centres de données prennent du retard, une partie de la demande future d’équipements peut être décalée. Les inquiétudes portent notamment sur les coûts du financement, les procédures d’autorisation et les débats politiques américains sur la réglementation de l’IA et les dépenses énergétiques.

Reuters rapporte une baisse de 5,52 % du Nasdaq et un recul de 4,36 % du S&P 500. L’agence relie la nervosité du marché aux interrogations sur les investissements dans l’IA après les élections américaines de mi-mandat. Il s’agit d’anticipations de marché, pas de l’annonce d’une interdiction générale des centres de données.

Une question qui dépasse les marchés américains

Les industriels européens des équipements électriques et des composants participent eux aussi aux chaînes d’approvisionnement mondiales des centres de données. Une révision durable des projets américains pourrait modifier certains calendriers d’investissement, mais aucun effet précis sur les réseaux français ne peut être déduit d’une seule séance de Bourse.

La demande d’électricité d’un centre de données dépend de sa puissance installée, de son taux d’utilisation et de son efficacité énergétique. Même lorsqu’un projet est annoncé, sa mise en service peut prendre plusieurs années, notamment si les raccordements au réseau nécessitent des travaux importants. Inversement, une baisse de cours ne signifie pas que les infrastructures déjà construites cessent de fonctionner.

Pour les acteurs de l’énergie, la question essentielle reste donc la transformation des projets annoncés en chantiers financés, raccordés et exploités. Les résultats et carnets de commandes des fournisseurs permettront de distinguer une correction financière temporaire d’un véritable ralentissement des investissements physiques.

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