Pétrole : le transport pèse désormais 30 % du coût d’un baril, alerte ADNOC

À Abou Dhabi, le dirigeant du groupe pétrolier ADNOC estime que le transport et la logistique représentent désormais 30 % du coût d’un baril, contre 5 % avant la guerre en Iran. Son avertissement souligne la fragilité des approvisionnements mondiaux, malgré le repli du Brent ce lundi 2 novembre.

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Pétrole : le transport pèse désormais 30 % du coût d’un baril, alerte ADNOC © L'EnerGeek

Le coût du transport et de la logistique représente désormais 30 % du coût d’un baril de pétrole, contre 5 % avant la guerre en Iran, selon Sultan Al Jaber, dirigeant de la compagnie nationale émiratie ADNOC. Présenté lundi 2 novembre à Abou Dhabi, ce constat éclaire les difficultés d’approvisionnement qui pèsent sur les carburants et le gaz à l’échelle internationale.

Le prix du pétrole brut ne raconte qu’une partie de la crise énergétique. Acheminer une cargaison depuis un terminal du Golfe vers une raffinerie ou un pays consommateur est devenu plus coûteux dans un contexte de navigation perturbée autour du détroit d’Ormuz. Lors de la conférence ADIPEC, organisée aux Émirats arabes unis, Sultan Al Jaber a affirmé que les frais de transport et de logistique pesaient désormais pour près d’un tiers du coût d’un baril, contre 5 % avant le conflit. Ces proportions sont celles avancées par le dirigeant d’ADNOC et rapportées par Reuters le 2 novembre.

Des réserves mondiales entamées et un gazole sous tension

Dans la même intervention, le patron d’ADNOC a estimé que près d’un milliard de barils avaient été prélevés sur les stocks pétroliers mondiaux depuis les perturbations de la navigation à Ormuz. Il a également évoqué des stocks de gazole tombés, dans certaines régions, à leur plus bas niveau saisonnier depuis trente-cinq ans, ainsi qu’un déficit d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié de 600 milliards de pieds cubes sur certains marchés.

Ces chiffres décrivent des tensions de portée mondiale, mais ne correspondent pas à un inventaire spécifique des réserves françaises. Ils proviennent de l’appréciation présentée par le dirigeant de l’entreprise pétrolière émiratie. Le constat rejoint les préoccupations sur la capacité des producteurs, raffineurs et importateurs à maintenir des livraisons régulières lorsque les routes maritimes habituelles deviennent moins accessibles.

ADNOC préconise d’augmenter les capacités de stockage stratégique, de constituer davantage de réserves de produits raffinés et de développer des installations de raffinage plus proches des marchés consommateurs. L’entreprise avait déjà placé la résilience des infrastructures et la sécurité énergétique au cœur de la rencontre ENACT annoncée le 30 octobre.

Pourquoi l’Europe est concernée, même quand le Brent baisse

Le lundi 2 novembre, le Brent évoluait autour de 110 dollars le baril, en repli à la faveur des discussions diplomatiques liées à la guerre en Iran. Cette baisse du brut peut alléger le coût d’achat de certaines cargaisons, tandis que les frais d’acheminement, les contraintes de raffinage et la disponibilité des produits finis continuent de jouer leur propre rôle.

Pour les acheteurs européens, dont les entreprises françaises, les conditions d’approvisionnement dépendent donc à la fois du cours international du pétrole, des flux maritimes et des stocks de gazole. Une variation du Brent ne se traduit pas mécaniquement, au même moment, par une variation identique du prix payé à la pompe. Les contrats d’achat, la fiscalité, la distribution et les stocks déjà acquis interviennent également dans le tarif final.

Les producteurs de l’OPEP+ maintiennent leurs objectifs

Le contexte de marché reste contraint par les décisions des producteurs. Dans un communiqué du 1er novembre, sept membres de l’OPEP+ — Arabie saoudite, Russie, Irak, Koweït, Kazakhstan, Algérie et Oman — ont annoncé le maintien, pour décembre, de leurs niveaux de production requis de septembre. Une nouvelle réunion est prévue le 29 novembre.

Cette décision porte sur des objectifs de production. La quantité de pétrole effectivement disponible pour les consommateurs dépend aussi des installations en service et de la possibilité de transporter les cargaisons. C’est précisément cette vulnérabilité logistique que le dirigeant d’ADNOC a choisi de mettre en avant à Abou Dhabi.

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