E-méthanol : un projet de 48 000 tonnes par an au Québec vise aussi le marché européen

Greenfield Global et European Energy ont annoncé le 29 octobre une coentreprise pour développer une installation d’e-méthanol près de Montréal. Le projet associerait électricité renouvelable et CO₂ issu d’une distillerie, avec notamment les carburants maritimes européens en ligne de mire.

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E-méthanol : un projet de 48 000 tonnes par an au Québec vise aussi le marché européen © L'EnerGeek

Le développeur danois European Energy et le groupe canadien Greenfield Global ont annoncé, le 29 octobre 2026, la signature d’un accord de coentreprise destiné à développer une installation d’e-méthanol au Québec. L’unité envisagée pourrait produire 48 000 tonnes par an de ce carburant de synthèse, notamment pour le transport maritime et des débouchés industriels européens.

Le communiqué de Greenfield Global précise que l’installation serait implantée à proximité de sa distillerie d’éthanol existante, près de Montréal. L’accord donne une structure commune au projet, après un protocole d’entente signé en 2025. Les études préliminaires d’ingénierie sont achevées et les travaux de raccordement électrique ont commencé, mais les partenaires n’ont communiqué ni montant d’investissement ni calendrier de mise en service.

Une production de 48 000 tonnes associant électricité renouvelable et CO₂ biogénique

L’e-méthanol est un méthanol de synthèse produit en associant de l’hydrogène obtenu à partir d’électricité et du dioxyde de carbone. Le projet québécois prévoit d’utiliser de l’électricité renouvelable et du CO₂ biogénique provenant de la fermentation dans l’usine d’éthanol de Greenfield Global. L’objectif est de valoriser un flux industriel déjà disponible plutôt que de développer une chaîne d’approvisionnement en carbone entièrement nouvelle.

Les deux groupes mettent en avant les ressources hydroélectriques du Québec, les infrastructures industrielles du site et les possibilités d’exportation. Greenfield Global fournirait le terrain industriel, les équipements existants et le CO₂ ; European Energy apporterait son expérience des projets renouvelables et de la technologie dite « Power-to-X », qui transforme l’électricité en molécules utilisables comme carburants ou matières premières.

Pourquoi les armateurs et l’industrie européenne sont visés

Dans leur annonce commune publiée par European Energy, les partenaires citent expressément les carburants maritimes, les polymères renouvelables et les marchés recherchant des carburants renouvelables d’origine non biologique, désignés par le sigle européen RFNBO.

Le transport maritime figure parmi les débouchés potentiels de l’e-méthanol, qui peut alimenter des navires dotés de motorisations compatibles. Pour les acheteurs européens, la conformité aux exigences réglementaires et la traçabilité des intrants seront déterminantes. Les partenaires indiquent viser ces standards ; les volumes effectivement livrés et les contrats commerciaux restent à établir.

Le choix d’un site canadien montre également que les chaînes d’approvisionnement en carburants de synthèse peuvent se structurer au-delà des frontières de l’Union européenne. La proximité de ressources électriques bas carbone, d’un approvisionnement en CO₂ et d’infrastructures logistiques peut peser autant que la localisation des futurs consommateurs.

Le précédent danois de Kassø, mais pas encore de date de démarrage

European Energy s’appuie sur son expérience de Kassø, au Danemark, où il exploite une installation commerciale d’e-méthanol d’une capacité annoncée de 42 000 tonnes par an. Le projet québécois viserait donc une capacité nominale supérieure, de 6 000 tonnes annuelles, soit environ 14 % de plus. Cette comparaison porte sur les capacités prévues ou installées, pas sur une production effectivement réalisée au Canada.

Les discussions avec de futurs acheteurs doivent commencer immédiatement, selon les deux sociétés. Le média spécialisé gasworld relève également que le calendrier de construction et les fournisseurs technologiques n’ont pas encore été précisés. Les prochaines étapes décisives seront la sécurisation des contrats de vente, la finalisation du financement et la définition d’une date de mise en service.

Pour le marché européen des carburants alternatifs, l’accord représente ainsi une nouvelle capacité potentielle à suivre. Sa contribution réelle dépendra du passage du projet industriel à l’exploitation et de la certification des produits destinés aux clients.

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