Solaire : les raccordements français reculent de 15,6 % au troisième trimestre

La France a raccordé moins de puissance photovoltaïque entre juillet et septembre 2026 qu’un an auparavant, selon les données sectorielles publiées le 26 octobre. Dans le même temps, la production solaire des neuf premiers mois dépasse déjà celle de toute l’année 2025, illustrant le décalage entre la croissance du parc et le rythme des nouveaux projets.

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Solaire : les raccordements français reculent de 15,6 % au troisième trimestre © L'EnerGeek

Le photovoltaïque français connaît un ralentissement des raccordements, alors que sa production atteint un niveau inédit. D’après l’Observatoire France Territoire Solaire, dont les chiffres du troisième trimestre ont été diffusés le 26 octobre 2026, 1 271 mégawatts (MW) de nouvelles installations ont été raccordés au réseau d’Enedis entre juillet et septembre. C’est 15,6 % de moins qu’à la même période en 2025, lorsque 1 507 MW avaient été ajoutés.

Sur les neuf premiers mois de l’année, les raccordements sur le réseau d’Enedis totalisent 4 184 MW, contre 4 272 MW un an plus tôt, soit un recul de 2,1 %. Le rapport distingue ce flux de nouveaux raccordements du parc total : toutes catégories de réseaux confondues, la puissance photovoltaïque française atteint 34,61 gigawatts (GW) au 30 septembre, en hausse de 22,5 % sur un an.

Les grandes toitures résistent, le résidentiel ralentit

Le repli est très inégal selon les installations. Les toitures de 36 à 500 kilowatts représentent 741 MW raccordés au troisième trimestre, soit environ 58 % du total trimestriel sur le réseau d’Enedis. Elles demeurent le principal moteur des mises en service, notamment dans les secteurs agricole, industriel et tertiaire.

À l’inverse, les installations résidentielles de moins de 36 kilowatts n’apportent que 148 MW sur le trimestre. Ce segment affiche une baisse prolongée, tandis que les très grandes toitures et les centrales de 0,5 à 17 MW enregistrent également un net recul sur un an. Ces différences sont détaillées dans le compte rendu des données trimestrielles publié par L’Écho du Solaire.

Le calendrier réglementaire pèse sur les décisions d’investissement. Le troisième trimestre est le premier entièrement placé sous les dispositions tarifaires entrées en vigueur en juin 2026, avec un tarif d’achat du surplus de 1,1 centime d’euro par kilowattheure pour les installations concernées. Le recul observé résulte toutefois d’un ensemble de facteurs, notamment les décisions prises plusieurs mois avant le raccordement effectif.

Une production solaire déjà supérieure à celle de 2025

Le contraste est marqué du côté de la production. Selon les données de RTE reprises par l’Observatoire, le solaire a fourni 30,74 térawattheures (TWh) entre janvier et septembre 2026, contre 30,72 TWh sur l’ensemble de l’année 2025. Le parc construit les années précédentes continue donc de produire davantage, même lorsque le rythme des nouveaux raccordements ralentit.

Les chiffres trimestriels permettent aussi de distinguer deux enjeux : la quantité d’électricité déjà disponible et la capacité de la filière à préparer les installations des prochaines années. Une production élevée aujourd’hui n’efface pas les difficultés rencontrées par les projets qui cherchent à se raccorder.

Près de 19,4 GW de projets dans la file d’attente

La file d’attente sur le réseau d’Enedis atteint environ 19,35 GW au 30 septembre, répartis entre quelque 92 710 projets. Au troisième trimestre, 833 MW en sont sortis sans être raccordés, selon l’analyse sectorielle. Cette donnée appelle un suivi : une sortie de file d’attente ne renseigne pas, à elle seule, sur le motif précis de chaque retrait.

Pour les entreprises et les collectivités qui envisagent une installation, l’équilibre économique dépend notamment du mode d’autoconsommation, des conditions de vente de l’électricité, du coût de raccordement et du calendrier de réalisation. Les statistiques consolidées par France Territoire Solaire, également relayées dans les actualités d’Enerplan, montrent que la dynamique nationale ne peut plus être appréciée à partir de la seule puissance cumulée : les raccordements par segment et les projets en attente deviennent des indicateurs tout aussi déterminants.

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