Mer du Nord : les réserves britanniques de pétrole et de gaz reculent de 14 %

Les réserves prouvées et probables du Royaume-Uni sont tombées à 2,5 milliards de barils équivalent pétrole fin 2025, contre 2,9 milliards un an auparavant. Un rapport du régulateur publié le 23 octobre éclaire les difficultés de renouvellement des ressources exploitables en mer du Nord.

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Mer du Nord : les réserves britanniques de pétrole et de gaz reculent de 14 % © L'EnerGeek

Les réserves de pétrole et de gaz encore exploitables sur le plateau continental britannique diminuent. Selon le rapport annuel de la North Sea Transition Authority (NSTA), publié le 23 octobre 2026, leur estimation centrale s’établissait à 2,5 milliards de barils équivalent pétrole à la fin de 2025, contre 2,9 milliards un an plus tôt. Le recul atteint près de 14 %.

Ce bilan intervient alors que le Royaume-Uni cherche à consolider son approvisionnement énergétique. Il montre surtout que les volumes extraits ne sont plus compensés par l’intégration de nouvelles réserves dans les projets autorisés.

En 2025, les extractions ont largement dépassé les ajouts de réserves

Le régulateur chiffre la production britannique de pétrole et de gaz à environ 380 millions de barils équivalent pétrole en 2025. Sur la même période, les révisions des estimations des champs existants ont ajouté, en solde net, 40 millions de barils équivalent pétrole aux réserves.

Le taux de remplacement ressort ainsi à 10 % : pour dix unités extraites, une seule a été ajoutée aux réserves par les réévaluations recensées. Le rapport indique qu’aucun nouveau plan de développement de champ n’a été approuvé en 2025, même si un avenant à un plan existant a reçu le feu vert des autorités.

Les 2,5 milliards de barils équivalent pétrole correspondent à la catégorie dite « 2P », qui regroupe les réserves prouvées et probables de projets déjà sanctionnés. Cette mesure, utilisée par la NSTA, décrit des volumes récupérables dans un cadre de développement défini. Elle constitue un indicateur plus opérationnel que les estimations générales de ressources présentes dans le sous-sol.

Des découvertes identifiées, mais pas encore converties en réserves

Le bilan présenté par le régulateur britannique recense également 6,5 milliards de barils équivalent pétrole de ressources dites « contingentes », contre 6,2 milliards fin 2024. Il s’agit de volumes découverts dont la mise en production dépend encore de conditions techniques, économiques ou réglementaires.

Ces ressources comprennent notamment des volumes associés à des champs en exploitation, des développements proposés et des découvertes marginales. Leur progression statistique ne se traduit donc pas automatiquement par une augmentation des réserves prouvées et probables.

La distinction est centrale pour apprécier la sécurité d’approvisionnement : une ressource géologique identifiée peut rester longtemps sans projet industriel viable. La NSTA précise que les estimations transmises par les exploitants pour de nombreux champs n’ont pas fait l’objet d’un audit indépendant par ses services.

Une production encore dominée par le pétrole

En équivalent énergétique, les réserves et les ressources découvertes britanniques se répartissent approximativement entre 70 % de pétrole et 30 % de gaz. La production effectivement réalisée en 2025 présentait une composition différente, d’environ 55 % de pétrole et 45 % de gaz.

Pour les gisements encore à découvrir, la NSTA évalue à 4,8 milliards de barils équivalent pétrole les ressources prospectives moyennes associées à des structures déjà cartographiées. Parmi elles, 1,2 milliard se situent dans des périmètres sous licence et 3,6 milliards dans des zones non licenciées. Ces chiffres reposent sur des probabilités géologiques et ne constituent pas des réserves disponibles.

Le régulateur estime par ailleurs à 11,2 milliards de barils équivalent pétrole les ressources prospectives possibles dans des ensembles géologiques encore moins précisément cartographiés. Il souligne le degré d’incertitude supérieur de cette catégorie.

Le défi industriel derrière les chiffres

Le rapport relève qu’aucun puits d’exploration n’a été foré sur le plateau continental britannique en 2025. Dans une mer du Nord exploitée depuis plusieurs décennies, la prolongation de la vie des installations, l’amélioration des rendements et le raccordement de nouveaux gisements aux infrastructures existantes prennent donc une place importante dans les perspectives de production.

Les données de la NSTA éclairent les arbitrages énergétiques britanniques : les ressources encore présentes sont significatives, mais leur transformation en production dépend d’investissements, d’autorisations et de conditions de marché. À court terme, le principal indicateur reste le rythme auquel les projets en attente peuvent rejoindre les réserves effectivement exploitables.

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