Grands rouleurs : l’indemnité carburant prolongée et augmentée à 100 euros jusqu’en décembre

Le gouvernement reconduit et renforce l’indemnité carburant destinée aux grands rouleurs : l’aide passe à 100 euros pour la période d’octobre à décembre 2026, contre 50 euros lors de la phase précédente. Les plafonds de revenus sont relevés, portant le nombre de bénéficiaires potentiels de trois à 5,5 millions de personnes. Les demandes ouvrent le 22 octobre, avec un versement automatique pour ceux ayant déjà perçu l’aide.

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Grands rouleurs : l'indemnité carburant prolongée et augmentée à 100 euros jusqu'en décembre
Grands rouleurs : l’indemnité carburant prolongée et augmentée à 100 euros jusqu’en décembre © L'EnerGeek

Le gouvernement français a décidé de maintenir et d’amplifier l’aide aux grands rouleurs, ces travailleurs qui dépendent de leur véhicule pour se rendre au travail quotidiennement. Initialement prévue jusqu’au 30 septembre, l’indemnité carburant est prolongée de trois mois, couvrant ainsi d’octobre à décembre 2026, et passe de 50 à 100 euros. Cette décision, annoncée par le ministère de l’Économie, vise à compenser la persistance des prix élevés du carburant et à soutenir le pouvoir d’achat des ménages modestes utilisant leur voiture.

Augmentation du montant et élargissement des critères de revenus

L’indemnité, lancée le 27 mai après une annonce de Sébastien Lecornu, s’adressait aux travailleurs parcourant au moins 30 kilomètres par jour pour se rendre au travail ou effectuant 8 000 kilomètres par an dans le cadre professionnel. De mai à septembre, l’aide était de 50 euros, soit 20 centimes par litre de carburant sur six mois.

Pour la période d’octobre à décembre 2026, l’aide passe à 100 euros, équivalant à 40 centimes par litre sur trois mois. Le nombre de bénéficiaires potentiels s’élargit de trois à 5,5 millions grâce à des plafonds de revenus revus à la hausse. Le dispositif s’étend aux personnes seules gagnant jusqu’à 2 035 euros nets par mois, aux couples avec un enfant gagnant jusqu’à 4 070 euros, et aux couples avec deux enfants gagnant jusqu’à 6 100 euros. Cette extension cible davantage de travailleurs modestes et intermédiaires, notamment en zones périurbaines et rurales où la voiture est souvent indispensable.

Versement automatique et procédure simplifiée pour les nouveaux bénéficiaires

Les bénéficiaires de l’aide entre avril et septembre recevront automatiquement les 100 euros à la mi-octobre, sans démarche supplémentaire. Pour les nouveaux bénéficiaires, la demande se fera en ligne via le site impôts.gouv.fr dès le 22 octobre, avec un versement sous une dizaine de jours. Un simulateur mis en ligne le 12 octobre permettra de vérifier l’éligibilité avant de déposer une demande. Chaque véhicule ne peut faire l’objet que d’une seule demande pour prévenir les abus.

Critères d’éligibilité : revenus, distance et type de véhicule

Pour bénéficier de l’indemnité carburant, plusieurs critères doivent être respectés. Le demandeur doit être domicilié fiscalement en France, avoir au moins 16 ans au 31 décembre 2024, et déclarer des revenus d’activité. Le véhicule doit être utilisé professionnellement, et le travailleur doit parcourir au moins 15 kilomètres par trajet ou 8 000 kilomètres par an, trajets domicile-travail inclus. Le véhicule doit être à moteur thermique ou hybride non rechargeable, et assuré à la date de la demande.

Mesures de soutien face à l’augmentation des prix de l’énergie

Cette indemnité fait partie d’un ensemble de mesures pour réduire l’impact de la hausse des prix de l’énergie. Après des réductions à la pompe et des chèques ciblés, le gouvernement concentre ses efforts sur ceux qui ne peuvent se passer de leur voiture pour travailler. Ce ciblage permet de limiter le coût budgétaire tout en aidant les ménages vulnérables, comme l’ont souligné les récents débats sur les pratiques de réduction des coûts de carburant.

Les syndicats et associations saluent la reconduction tout en réclamant une pérennisation du dispositif. « Les grands rouleurs ne peuvent pas dépendre d’aides temporaires renouvelées tous les trois mois. Il faut une vision à long terme », déclare un représentant de la CFDT interrogé par Service Public. Le gouvernement indique que cette aide s’accompagne d’investissements dans les transports en commun et les infrastructures de mobilité douce pour réduire à terme la dépendance automobile.

Enjeux de la durabilité des aides face à la transition énergétique

Si l’aide offre un répit, elle pose la question de la durabilité des politiques de compensation à moyen terme. Les prix du pétrole, influencés par les tensions géopolitiques et les décisions de l’OPEP, restent volatils, comme le montrent les mobilisations récentes. De plus, la transition énergétique implique une réduction de l’usage des véhicules thermiques, ce qui complique le maintien d’aides massives au carburant fossile.

Des pistes sont explorées pour aider les grands rouleurs à adopter des solutions plus durables : développement de zones de covoiturage, incitations pour l’achat de véhicules hybrides ou électriques, extension des transports en commun vers les bassins d’emploi éloignés, et généralisation du télétravail partiel pour réduire les trajets hebdomadaires.

En attendant, l’indemnité de 100 euros représente une réponse immédiate à une difficulté concrète, illustrant la persistance d’une fracture territoriale en matière de mobilité, où l’accès à l’emploi dépend souvent de la possession d’un véhicule. Les mois à venir détermineront si l’aide sera prolongée au-delà de décembre ou si d’autres solutions prendront le relais pour soutenir durablement les travailleurs parcourant de longues distances.

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