La France et l’Allemagne s’accordent sur l’assouplissement des objectifs 2035
La politique européenne de mobilité subit un changement important. Après avoir soutenu l’interdiction totale des voitures thermiques neuves dès 2035, la France modifie sa position. D’après Handelsblatt, Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont convenu d’une approche commune pour assouplir les objectifs de réduction des émissions de CO2. Ce compromis pourrait fixer l’effort des constructeurs automobiles à 80 % par rapport à 2021, au lieu des 100 % initialement prévus.
En prévision du sommet européen de la semaine prochaine, un document conjoint entre la France et l’Allemagne est attendu. Bien que certains paramètres soient encore en discussion, les grandes lignes semblent définies. Cette évolution contraste avec la position de la France en octobre 2025, qui, avec l’Espagne, refusait de revoir l’objectif de zéro émission.
Révision des objectifs de réduction des émissions
La réglementation européenne initiale imposait une réduction de 100 % des émissions de CO2 des voitures neuves d’ici 2035, ce qui équivalait à bannir les motorisations essence et diesel. En décembre 2025, la Commission européenne avait déjà proposé de réduire cet objectif à 90 % de réduction, soit 11 grammes de CO2 par kilomètre.
Selon ce compromis franco-allemand, l’objectif pourrait être encore réduit à 80 %, sans compensation obligatoire, permettant ainsi plus de flexibilité pour les hybrides et certaines motorisations thermiques. De plus, l’étape intermédiaire de 2030, qui prévoit une réduction de 55 %, serait étendue de 2028 à 2032, évitant ainsi des sanctions sévères pour les constructeurs.
Compromis franco-allemand autour de la production européenne
Ce changement de cap français s’inscrit dans une négociation plus vaste avec l’Allemagne. En échange de la souplesse sur les objectifs de CO2, l’Allemagne pourrait accepter des règles d’origine strictes dans le futur Industrial Accelerator Act, favorisant les véhicules fabriqués au sein de l’Union européenne.
Pour les voitures électriques, les « super crédits » sont maintenus, encourageant les modèles compacts. Cependant, un assouplissement des contraintes pourrait freiner le marché de l’électrique en maintenant plus longtemps des motorisations thermiques rentables, ce que les marchés boursiers ont interprété favorablement pour les constructeurs comme Renault et Volkswagen.
Le Financial Times évoque un échange de concessions entre la France et l’Allemagne : davantage de flexibilité pour le thermique contre un soutien allemand à des règles protectionnistes renforcées, visant notamment à contrer la montée en puissance des constructeurs chinois.
Les défis de la voiture électrique
Bien que l’électrique progresse en Europe, représentant 21,7 % des ventes de voitures neuves dans l’Union sur les premiers mois de 2026, elle présente toujours des limites. Sa fabrication et sa destruction sont plus polluantes que celles de voitures thermiques, et son poids entraîne une usure accrue des routes.
Les incendies de véhicules électriques posent des défis particuliers aux services de secours. De plus, les conducteurs doivent adapter leurs habitudes pour optimiser la durée de vie des batteries. En France, le coût élevé de l’électricité, en partie dû aux règles européennes, pénalise la compétitivité de l’électrique.
Selon BFM TV, malgré la hausse des prix du carburant, l’électrique gagne du terrain en Allemagne, atteignant un record de 34,5 % du marché en septembre 2026.
Opposition à l’interdiction totale et hausse des ventes électriques
L’interdiction totale des voitures thermiques en 2035 avait provoqué de vives réactions. Constructeurs, syndicats et élus avaient exprimé leurs inquiétudes pour l’emploi, notamment en Allemagne, où l’industrie automobile est cruciale. En France, une majorité de citoyens reste sceptique face à cette interdiction.
Les professionnels soulignaient le manque d’alternatives pour certains usages, comme les véhicules utilitaires lourds ou les habitants de zones rurales. Le compromis franco-allemand répond en partie à ces préoccupations en autorisant certaines motorisations alternatives.
Paradoxalement, l’assouplissement intervient alors que les ventes de véhicules électriques augmentent fortement en Europe. En France, les électriques ont représenté 42 % des immatriculations de voitures neuves en septembre, un record, tandis qu’en Allemagne, elles ont atteint 34,5 %.
La croissance des ventes s’explique par le retour des aides publiques en Allemagne et la hausse des prix des carburants. Cependant, les motorisations thermiques traditionnelles voient leur part de marché diminuer, marquant un tournant pour l’industrie automobile allemande.






