Donald Trump a reçu Emmanuel Macron le lundi 21 septembre 2026 à New York, en marge de l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies. L’entretien s’est tenu en privé, à la Trump Tower, sur la Cinquième Avenue, et a duré environ une demi-heure. Selon un participant à la rencontre, le président américain a tenu à recevoir son homologue français dans son appartement personnel.
Pour s’y rendre, Emmanuel Macron a traversé Manhattan à pied depuis le siège de la représentation française, l’air soucieux. Avant de partir, il avait échangé avec Shou Zi Chew, le patron du réseau social TikTok. À l’issue de la discussion avec Donald Trump, le chef de l’État français a jugé l’échange très constructif, précisant que les deux dirigeants avaient pu « entrer dans le détail sur ces deux conflits qui évidemment sont importants pour la paix dans le monde et pour notre sécurité, et qui ont un impact direct sur le pouvoir d’achat des Français ».
Rouvrir le détroit d’Ormuz
Deux dossiers ont occupé l’essentiel de la conversation : la mer Rouge et l’Ukraine, rapporte Le Monde. Sur le premier, Emmanuel Macron a fait état d’une volonté de rouvrir Ormuz, ce détroit par où transite 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures et qui reste de facto bloqué depuis le début de la guerre en Iran.
Plusieurs pistes ont été évoquées pour faire passer davantage de porte-conteneurs et de tankers, sans qu’un accord global n’ait été trouvé, selon le président français, qui a parlé de solutions permettant de libérer des volumes.
Paris propose aussi de participer, sur le front de la mer Rouge ouvert début septembre par les rebelles houthistes yéménites, à la sécurisation d’infrastructures saoudiennes, dont l’oléoduc Est-Ouest, actuellement à l’arrêt après des attaques de drones, selon une source diplomatique.
Un moratoire proposé pour l’Ukraine
Sur l’Ukraine, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d’aider « encore plus vite et plus fort » les Ukrainiens en missiles intercepteurs. Il a aussi évoqué des « initiatives » pour trouver un moratoire sur les questions énergétiques, afin d’aider le système énergétique ukrainien et la situation dans la région, sans préciser si ce moratoire viserait aussi les frappes ukrainiennes contre les infrastructures russes.
Avant la rencontre, le président français avait annoncé vouloir parler « en toute franchise » à Donald Trump pour tenter de « l’orienter vers les bonnes décisions ». Les Européens demandent aux Américains de rester pleinement engagés dans un règlement du conflit et souhaitent être associés aux négociations sur l’architecture de sécurité du continent.
Après son entretien avec Donald Trump, Emmanuel Macron s’est rendu auprès de Volodymyr Zelensky pour lui soumettre la proposition de moratoire. L’avis du président ukrainien semblait déjà arrêté sur ce point : il a confirmé à Donald Trump que la guerre devait prendre fin, écrivant sur X que son secteur énergétique, ses infrastructures critiques et ses exportations alimentaires devaient cesser d’être des cibles pour la Russie, ce qui entraînerait selon lui « des étapes de désescalade correspondantes » de la part de Kiev.
Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait de nouveau exprimé sa rancœur envers le président ukrainien, qu’il juge en partie responsable de la flambée des prix du pétrole. Le président américain reproche à l’Ukraine de cibler l’industrie diesel russe, provoquant selon lui une pénurie de carburant.
Il avait déjà tenu des propos similaires le 13 septembre, depuis l’Irish Open, un tournoi de golf en Irlande où il assistait, affirmant que Zelensky devait cesser de détruire les installations de production de diesel en Russie, qu’il pouvait s’en prendre à d’autres cibles mais pas au diesel, car cela provoquait une pénurie de ce carburant.
Sur Truth Social, Donald Trump a de nouveau écrit que « la Russie a malheureusement perdu le contrôle de son industrie diesel du fait de la guerre », qualifiant le conflit de guerre ridicule et sans fin qui doit être arrêtée.






