« La baisse va se voir très clairement à la pompe dès ce week-end » : le syndicat des distributeurs s’engage, les automobilistes restent méfiants

Bonne nouvelle à la pompe : jusqu’à 12 centimes de moins par litre dès le 8 août. Mais attention, tous les automobilistes ne verront pas la baisse en même temps. Voici pourquoi.

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« La baisse va se voir très clairement à la pompe dès ce week-end » : le syndicat des distributeurs s'engage, les automobilistes restent méfiants
« La baisse va se voir très clairement à la pompe dès ce week-end » : le syndicat des distributeurs s’engage, les automobilistes restent méfiants © L'EnerGeek

« La baisse va se voir très clairement à la pompe dès ce week-end », annonce Francis Pousse, président des distributeurs de carburants et d’énergies nouvelles au sein du syndicat Mobilians, dans un entretien accordé à La Dépêche le lundi 3 août 2026.

Le repli du cours du baril de pétrole devrait se traduire concrètement dans les prochains jours. Selon Francis Pousse, la baisse potentielle atteindrait 10 à 12 centimes par litre pour le gazole et 7 à 8 centimes pour le sans-plomb 95.

Lundi, le rapport hebdomadaire du gouvernement situait le gazole autour de 2,20 euros le litre et le sans-plomb 95 légèrement au-dessus de 2 euros. Une répercussion intégrale ferait repasser le gazole vers 2,08-2,10 euros et le sans-plomb sous la barre symbolique des 2 euros, autour de 1,93-1,95 euro.

Cette annonce intervient après plusieurs semaines de hausse continue du prix du gazole, tiré vers le haut ces derniers temps par les tensions sur le marché mondial du diesel.

Le baril, un étalon indicatif, pas le prix réel

Francis Pousse tient à corriger une idée reçue : « Le baril n’est qu’un étalon indicatif ». La réalité des tarifs dépend de la cotation platts de Rotterdam, propre à chaque carburant, sans-plomb, gazole, fioul ou carburant d’aviation. Le baril de brut reste la cause première des variations, mais d’autres facteurs pèsent aussi : les coûts de fabrication, les frais de transport maritime et terrestre, en hausse, et la disponibilité du produit raffiné sur le marché international.

La transmission de la baisse aux automobilistes ne sera pas immédiate partout. Tout dépend de la rotation des stocks de chaque station. Francis Pousse cite son propre cas : ayant acheté son carburant au prix fort le lundi 3 août, il doit d’abord écouler ses cuves avant de répercuter le nouveau tarif.

En France, le renouvellement s’échelonne d’un à deux jours pour les stations très fréquentées jusqu’à quinze jours pour les stations rurales. Les grandes surfaces, qui écoulent de gros volumes, devraient donc afficher la baisse dès le week-end du 8 et 9 août ou en tout début de semaine suivante, tandis que des stations indépendantes éloignées des grands axes resteront plusieurs jours sur des tarifs plus élevés, l’interdiction de vendre à perte empêchant toute baisse artificielle.

Le gazole reste le carburant le plus sous tension. Depuis l’interruption des exportations de diesel russe, liée aux sanctions de la guerre en Ukraine, les pays qui s’approvisionnaient jusque-là en Russie se sont rabattus sur le marché international. Cette demande accrue a fait grimper les prix d’environ 30 centimes par litre en trois à quatre semaines, et le gazole reste encore plus de 30 % au-dessus de son niveau d’avant-crise.

Une fois la matière première et les coûts de raffinage pris en compte, la fiscalité pèse encore lourd dans le prix final. Selon l’association 40 millions d’automobilistes, près de 60 % du montant affiché à la pompe correspond aux taxes, ce qui limite mécaniquement l’ampleur des baisses visibles pour l’automobiliste.

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