Canicule : les Français s’équipent de plus en plus en climatisation

La canicule transforme progressivement les habitudes des Français. Longtemps considéré comme un équipement réservé aux régions les plus chaudes, le climatiseur gagne du terrain dans les logements. Entre recherche de confort, impératifs de santé et préoccupations environnementales, la climatisation s’impose désormais au cœur du débat sur l’adaptation au réchauffement climatique.

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Canicule : les Français s'équipent de plus en plus en climatisation
Canicule : les Français s’équipent de plus en plus en climatisation © L'EnerGeek

Le 20 juin 2026, alors qu’une nouvelle vague de chaleur touche une grande partie du territoire, la question de la canicule revient avec force. Face à des températures qui approchent localement les 40 °C selon Météo-France, les particuliers multiplient les demandes de devis et les achats d’équipements de rafraîchissement. Pourtant, derrière cette progression de la climatisation, subsistent des interrogations économiques, énergétiques et environnementales qui empêchent encore la France de rattraper totalement son retard.

Canicule et climatisation : une progression rapide mais encore incomplète

La canicule accélère année après année l’équipement des logements français. Selon Hello Watt, le taux d’équipement atteint désormais 13,4 % dans les appartements et 28 % dans les maisons individuelles, d’après Les Échos. Par ailleurs, l’Agence de la transition écologique (Ademe) estimait déjà qu’un foyer français sur quatre disposait d’un système de climatisation en 2020, selon Sud Ouest.

Cette progression reste néanmoins modérée comparée à celle observée dans d’autres pays. Alors que plus de 90 % des logements sont équipés au Japon ou aux États-Unis, la France demeure loin derrière. Cependant, les projections de RTE indiquent que 50 % des logements français pourraient être climatisés d’ici 2035 si la dynamique actuelle se poursuit, selon Les Échos. De plus, l’Ademe anticipe également qu’un logement sur deux pourrait être équipé à l’horizon 2050. Cette évolution s’explique notamment par la multiplication des épisodes de canicule, devenus plus fréquents et plus intenses sous l’effet du changement climatique.

La canicule dope la demande malgré les freins économiques et sociétaux

Chaque épisode de canicule provoque une hausse immédiate de l’intérêt pour la climatisation. Lors de la dernière semaine de juin 2025, les ventes de ventilateurs ont bondi de 253,9 % tandis que celles des climatiseurs ont progressé de 612,2 %. Dans le même temps, les professionnels du secteur constatent une augmentation significative des demandes de devis. « Chaque annonce concernant une vague de chaleur génère un effet immédiat », explique Grégory Valency, fondateur de Kelkun et dirigeant d’A’Climatis, cité par Les Échos.

Pour autant, la canicule ne suffit plus systématiquement à déclencher les achats. Les consommateurs restent attentifs à leur budget. Selon un sondage OpinionWay pour France Énergie réalisé en 2021 et cité par Les Échos, 61 % des personnes qui ne souhaitent pas s’équiper invoquent principalement des raisons économiques. La hausse des coûts pèse également sur le marché. D’après Grégory Valency, le prix des climatisations réversibles a progressé d’environ 5 % en 2026, alors que les coûts des professionnels ont augmenté de 8 à 10 % sur un an. En parallèle, les considérations environnementales demeurent importantes. En 2021, 58 % des Français affirmaient préférer supporter la chaleur plutôt qu’installer un climatiseur afin de préserver l’environnement, selon une enquête citée par Sud Ouest. Près d’une personne sur deux considérait même que ces équipements devraient être interdits en raison de leur impact écologique.

Le défi environnemental de la climatisation et les alternatives

Si la climatisation apporte une réponse efficace à court terme face à la canicule, son développement soulève plusieurs questions environnementales. En ville, notamment, les appareils contribuent à renforcer les îlots de chaleur urbains. Une étude menée par le CNRS et Météo-France et publiée dans l’International Journal of Climatology a montré qu’à Paris, un doublement du parc de climatiseurs pourrait entraîner une hausse de 2 °C de la température ambiante, selon Sud Ouest. Alexandra Lebert, directrice du pôle Action stratégique et recherche du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), estime ainsi que « le déploiement rapide des climatisations est une stratégie absolument contreproductive au niveau collectif », selon Sud Ouest.

La question énergétique reste également centrale. Selon l’Ademe, un climatiseur consomme en moyenne 304 kWh d’électricité par an, contre environ 100 kWh pour un lave-linge. De plus, les fluides frigorigènes contenus dans les équipements représentent un enjeu majeur. Ces hydrofluorocarbures possèdent un pouvoir de réchauffement compris entre 1 300 et 3 260 fois celui du CO2, selon Sud Ouest. Face à ces limites, plusieurs alternatives existent. « La ventilation permet un gain extraordinaire : elle fait chuter de 3 °C la température ressentie dans le logement », affirme Alexandra Lebert, selon Sud Ouest. Les refroidisseurs adiabatiques constituent également une solution intermédiaire, avec une consommation électrique environ deux fois inférieure à celle d’un climatiseur mobile. Enfin, les protections solaires, l’abaissement des volets durant la journée et l’aération nocturne demeurent les premières recommandations des spécialistes. Selon l’étude RenOptim du CSTB, 70 % des habitants observés avaient modifié leurs habitudes lors des épisodes de canicule afin de limiter les effets de la chaleur.

L’essor de la climatisation semble donc inéluctable à mesure que la canicule s’installe durablement dans le paysage climatique français. Toutefois, entre contraintes budgétaires, préoccupations environnementales et recherche de solutions plus sobres, la France avance encore avec prudence vers un modèle où le rafraîchissement des logements pourrait devenir aussi courant que le chauffage.

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