220 millions de barils évaporés en 60 jours : pourquoi les réserves mondiales de pétrole atteignent un niveau que personne n’avait vu depuis 35 ans

La demande mondiale de pétrole chute, mais les réserves s’érodent à un rythme alarmant.

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220 millions de barils évaporés en 60 jours : pourquoi les réserves mondiales de pétrole atteignent un niveau que personne n'avait vu depuis 35 ans
220 millions de barils évaporés en 60 jours : pourquoi les réserves mondiales de pétrole atteignent un niveau que personne n’avait vu depuis 35 ans © L'EnerGeek

Les dernières analyses de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) décrivent le fonctionnement actuel du marché pétrolier. La demande mondiale tend à baisser pendant que l’offre rencontre plusieurs difficultés, dont des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Ces facteurs se combinent et pèsent lourdement sur les économies mondiales, en particulier celles de l’OCDE.

Où en est le marché pétrolier ?

D’après l’AIE, les stocks pétroliers des pays de l’OCDE sont au plus bas depuis 1990, ce qui interroge sur leur capacité à absorber de futurs chocs. D’après BFMTV, entre avril et mai, les stocks mondiaux ont chuté de plus de 220 millions de barils, une baisse aggravée par les difficultés d’approvisionnement liées au blocage persistant du détroit d’Ormuz. Comme 20 % des flux mondiaux de pétrole transitent par ce point, toute perturbation se répercute à l’échelle mondiale.

La guerre au Moyen-Orient a conduit l’AIE à réviser à la baisse ses prévisions de demande pour 2026, un recul presque trois fois supérieur à celui annoncé le mois précédent et le signe d’une chute historique du marché. Le marché était déjà confronté à une première baisse des livraisons trimestrielles depuis 2020, estimée à environ 5 % au deuxième trimestre de 2026.

Freins géopolitiques et économiques

L’accord entre les États-Unis et l’Iran visait à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient et à débloquer le détroit d’Ormuz, ce qui ouvrait une porte à la reprise des exportations. Malgré cet accord, l’AIE note que « des contraintes opérationnelles et politiques » persistent et fragilisent les perspectives de reprise. Ces freins pourraient prolonger les perturbations d’approvisionnement et empêcher le marché de se stabiliser rapidement.

Dans le même temps, la baisse des prix combinée aux difficultés d’approvisionnement explique en partie le recul des livraisons. L’agence estime aussi que le marché pétrolier ne connaîtra probablement pas de rebond de la demande ou de l’offre avant 2027.

À quoi s’attendre l’année prochaine ?

Pour l’année prochaine, l’AIE prévoit une « hausse modeste » de la demande de 2 mb/j, accompagnée d’un « gros rebond » de l’offre qui pourrait atteindre 8 mb/j. Ce rééquilibrage entre offre et demande pourrait offrir un « répit bienvenu » au marché et permettre une reconstitution des stocks.

La prudence reste toutefois de rigueur. Les contraintes actuelles pèsent encore sur le marché et la volatilité des prix pourrait durer si les obstacles ne sont pas traités correctement. L’AIE lance un avertissement net : « Malgré la baisse significative de la demande de pétrole (…), les réserves continuent de s’éroder à un rythme record. » Elle appelle à des actions coordonnées pour éviter une spirale de pénuries.

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