Début février, une équipe d’expédition chinoise a percé une colonne de glace de 3 413 mètres en Antarctique. C’est un nouveau record mondial pour le forage à l’eau chaude dans la glace, dépassant de près de 900 mètres l’ancien record de 2 540 mètres, informe le China Daily. Ce projet ambitieux ouvre une voie inédite pour étudier des lacs subglaciaires qui sont restés scellés pendant des millions d’années.
Comment ils ont percé la glace
La 42e expédition antarctique chinoise a affronté les conditions extrêmes de l’Antarctique oriental pour atteindre le lac subglaciaire Qilin, situé dans la terre de la Princesse Élisabeth. Ce lac, véritable trésor scientifique découvert en 2022, se trouve à environ 120 kilomètres de la station Taishan. Grâce à une méthode innovante de forage à l’eau chaude, l’équipe a réalisé un trou précis et stable, sans la contamination généralement liée aux foreuses mécaniques.
Le procédé consiste à chauffer l’eau en surface, puis à la pomper à travers un long tuyau pour faire fondre la glace en profondeur. Cette technique fonctionne bien dans des couches de glace de plus de 3 000 mètres et est présentée comme plus respectueuse de l’environnement par le ministère chinois des Ressources naturelles, qui parle d’une approche d’« exploration verte ».
Ce que ça change pour la science et pour l’environnement
Le but principal du projet est scientifique. Les lacs subglaciaux comme Qilin offrent une fenêtre sur la Terre telle qu’elle était il y a des millions d’années. Coupés de la lumière et de l’air, ces plans d’eau peuvent abriter des écosystèmes uniques et offrir des données précieuses sur les ressources naturelles. En sondant Qilin, les chercheurs veulent recueillir des données sur l’évolution du climat et étudier des analogues de formes de vie qui pourraient exister sur des lunes glacées comme Europe et Encelade.
La méthode de forage « propre » a été choisie pour diminuer les effets néfastes sur cet environnement fragile. En limitant la perturbation de la glace et le risque de contamination par des microbes, du carburant ou d’autres fluides, la technique préserve l’intégrité des échantillons d’eau et de sédiments, indispensables pour les recherches ultérieures.
Et après ? objectifs et enjeux internationaux
Avec l’installation d’une nouvelle station d’observation climatique sur le plateau Zhongshan-Taishan, la Chine renforce sa place dans la recherche polaire. L’expédition affirme que plus de 90 % de la calotte glaciaire antarctique est désormais accessible pour de futures investigations. Le prochain objectif immédiat : envoyer des instruments d’échantillonnage au travers du puits vérifié pour obtenir des mesures directes sur le lac Qilin et préparer des études à long terme.






