Il y a quinze jours, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a publié un communiqué à l’occasion des 40 ans de la catastrophe de Tchernobyl, qui met en lumière une réalité toujours présente en France. Si l’accident ukrainien reste très visible dans les mémoires, l’ASNR précise que les zones de rémanence radioactive sur le territoire français ne sont pas directement liées à cet événement, rapporte le journal Sud Ouest. Ces zones posent donc la question de leur origine réelle et poussent à regarder d’autres facteurs historiques.
D’où viennent ces zones radioactives en France
Les zones de radioactivité persistante en France, citées par l’ASNR, ont souvent des origines différentes de celles qu’on pourrait imaginer au premier abord. Selon le communiqué, ces ZRE, définies dans des endroits tels que les Pyrénées-Atlantiques, les Vosges, l’Alsace, la vallée du Rhône et le Puy-de-Dôme, ne résultent pas de l’accident de Tchernobyl mais trouvent plutôt leur origine dans les essais nucléaires menés pendant la Guerre froide.
Ces essais, réalisés entre 1945 et 1980, ont laissé des traces radioactives à une époque de fortes tensions entre les États-Unis et l’Union soviétique. Des termes techniques comme « césium 137 » et « strontium 90 » désignent certains isotopes responsables des dépôts dans ces régions. Contrairement aux idées reçues, c’est une quantité « infime » de ces éléments qui reste mesurable, même après toutes ces années.
Ce que disent les chiffres pour la santé
L’ASNR indique que, même si des zones comme les Pyrénées-Atlantiques sont identifiées comme ayant des rémanences élevées, la radioactivité associée à ces sites reste « infinitésimale » et « ne représente aucun danger pour la santé humaine ». Le spécialiste radioactivité de l’agence de l’ASNR a aussi souligné que la géographie et le climat locaux jouent un rôle dans ces rémanences : la barrière naturelle formée par les Pyrénées, combinée à des précipitations fréquentes, accentue les niveaux mesurés localement.
Les chiffres du rapport montrent qu’un « adulte type » résidant dans ces zones reçoit une dose annuelle estimée à 1 μSv (microsievert), loin de la valeur limite d’exposition de 1 mSv/an. Certains scénarios d’exposition plus extrêmes, par exemple des personnes passant beaucoup de temps dans des bois fortement contaminés, pourraient atteindre jusqu’à 20 μSv/an. Ces chiffres peuvent impressionner, mais ils restent bien en deçà d’expositions plus courantes : un vol en avion entre Paris et New York expose à 80 μSv.






