Depuis près de vingt ans, la Chine s’est lancée dans une lutte intense contre la pollution de l’air. L’objectif fixé par une décision politique majeure en 2013 était clair : faire disparaître les brouillards toxiques et les fumées épaisses qui abîmaient l’image du pays à l’étranger. Les mesures ont bien réduit les polluants atmosphériques, mais elles ont aussi entraîné des effets climatiques inattendus.
Ce qu’a fait la Chine et ce que ça a donné
D’après le magazine Geo, les politiques environnementales ont commencé par équiper les centrales à charbon d’épurateurs pour faire baisser fortement les émissions nocives. En parallèle, l’industrie a dû se mettre aux normes environnementales plus strictes. Ces efforts combinés ont entraîné une réduction importante de la pollution atmosphérique, estimée à 50 %. Les émissions de dioxyde de soufre (SO2), un gaz particulièrement néfaste, ont chuté des deux tiers.
Pourtant, la baisse du dioxyde de soufre a eu une conséquence contre-intuitive : en temps normal, ce gaz se transforme en aérosols qui réfléchissent les rayons solaires et contribuent au refroidissement de la planète. Moins d’aérosols a donc signifié un certain réchauffement. Les scientifiques ont mesuré une hausse de la température de 0,06 °C à 0,07 °C entre 2007 et 2025, soit 12 % du réchauffement global sur la même période.
Ce que disent les études
Ces résultats ont été détaillés dans une étude publiée en février 2026 dans Geophysical Research Letters. Les chercheurs se sont appuyés sur une modélisation des émissions dans l’atmosphère asiatique, prenant en compte à la fois les gaz à effet de serre et les aérosols. Ce type d’analyse aide à comprendre comment des politiques régionales peuvent modifier le changement climatique à l’échelle mondiale.
Cédric Philibert, économiste et chercheur, rappelle que « les actions des nations ont des effets bien au-delà de leurs frontières », et il insiste sur l’importance de ne pas revenir aux niveaux de pollution d’avant, malgré les effets secondaires de la dépollution. Selon lui, la Chine a pris des mesures nécessaires, déclarant : « Ce qui est certain, c’est que si le plus grand pollueur ne se dépollue pas, on ne sauvera pas la planète. La bonne nouvelle, c’est que la Chine a commencé à le faire. »






