Le système de fraude lié aux compteurs Linky continue d’alimenter la polémique en France, et la chasse aux fraudeurs est lancée. Selon la gestionnaire de réseau Enedis, cette fraude coûte chaque année entre 250 et 275 millions d’euros, relaye La Tribune. Cette somme se répercute sur les ménages français sous la forme d’un surcoût moyen de 8 € par an. L’affaire, récemment mise en lumière par un jugement au tribunal correctionnel de Valenciennes, met en avant un système qui pèse sur la facture d’électricité des abonnés.
Une arnaque qui pèse sur tout le pays
La fraude, organisée via une manipulation des compteurs, permet de neutraliser le comptage de l’énergie et de réduire les factures d’électricité jusqu’à 70 %. Chaque installation de ce système s’achetait contre un « droit d’entrée » allant de 200 à 400 € pour les clients prêts à l’utiliser. Mais cette économie parallèle fragilise l’équilibre du réseau électrique national en multipliant les pertes pour Enedis.
Le tribunal de Valenciennes a jugé une affaire liée à 77 faits de fraude recensés entre 2023 et 2024. L’organisateur, dont les manœuvres ont rapporté 19 250 € personnellement, a causé un préjudice de 46 739 € à Enedis. Ces chiffres, significatifs au niveau individuel, s’insèrent dans un préjudice total évalué par Enedis à 275 millions d’euros par an.
Comment ça retombe sur la facture
La répercussion de cette fraude sur les ménages se fait principalement via le « tarif d’acheminement (Turpé) », un mécanisme tarifaire qui répartit solidairement le coût des pertes sur tous les abonnés, tandis que des contrôles renforcés sont mis en place. Pour chaque ménage français, cela se traduit par un coût additionnel de 8 € par an, une charge collective qui, à l’échelle nationale, représente plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ces versements obligatoires montrent la solidarité forcée imposée aux utilisateurs des compteurs Linky.
Les termes utilisés pour parler de cette fraude, comme « délinquance énergétique » ou « solidarité forcée », traduisent la gravité du phénomène. La fraude dépasse le simple fait divers : elle s’inscrit dans un système qui fragilise progressivement l’infrastructure électrique et fait peser un coût supplémentaire sur tous les consommateurs.



