La France mise de plus en plus sur l’électricité pour diminuer sa dépendance aux énergies fossiles importées, marquant une révolution énergétique. Un récent rapport de RTE (Réseau de Transport d’Électricité), intitulé « Bilan prévisionnel 2025« , alerte sur la nécessité d’intensifier cette transition. Le gouvernement, qui affiche des objectifs ambitieux, veut accélérer la mutation énergétique pour répondre aux enjeux climatiques et économiques, en augmentant la part des énergies renouvelables. Avec une électricité déjà décarbonée à 95 %, la France vise à réduire nettement l’utilisation des énergies fossiles (qui représentent aujourd’hui 60 % de la consommation énergétique) pour atteindre 30-35 % d’ici 2035.
La transition énergétique : où en est‑on ?
Après l’alerte lancée par RTE, plusieurs responsables politiques et économiques ont pris la parole. Actu Orange cite notamment Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, qui met en avant l’avantage compétitif d’une électricité bon marché et verte. Thomas Veyrenc, directeur général de l’économie, stratégie et finances de RTE, souligne la surproduction énergétique transitoire du réseau prévue jusqu’en 2027-2028. Cette surcapacité, paradoxalement, pose problème et montre l’urgence d’une meilleure gestion de la demande.
Le gouvernement, porté par des personnalités comme Sébastien Lecornu, veut accélérer la transformation. Le ministère des Finances, communément appelé Bercy, interprète ce rapport comme un signal clair pour pousser l’électrification des usages quotidiens.
Une stratégie ambitieuse pour accélérer la décarbonation
Pour tenir ces objectifs, l’exécutif compte sur une stratégie d’électrification qui complète la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie). Des décisions stratégiques sont attendues d’ici Noël, et un débat majeur est prévu au Parlement. Sébastien Lecornu annonce aussi une consultation de tous les partis politiques après les discussions budgétaires.
Avec un accent sur la réindustrialisation verte, RTE a dans son portefeuille environ 30 GW de projets en attente de raccordement, intégrant des secteurs comme l’hydrogène et les centres de données. Cet intérêt pour des infrastructures énergivores devrait permettre d’absorber l’épisode actuel de surcapacité, tout en posant les bases d’une croissance économique plus verte et durable.
Les débats politiques sur l’électrification
La transition n’est pas sans controverse. Des divisions subsistent sur la place du nucléaire face aux énergies renouvelables. Le Rassemblement National s’est notamment opposé à une répartition équilibrée entre ces sources. RTE insiste sur la complémentarité entre nucléaire et renouvelables, mais les débats restent intenses.
Malgré cela, Bercy et les équipes gouvernementales misent sur la rapidité de l’électrification pour réduire les importations d’hydrocarbures, évaluées à 64 milliards d’euros en 2024, et à environ 120 milliards d’euros lors de la récente crise énergétique. RTE réaffirme qu’une électrification rapide pourrait améliorer la balance commerciale de la France, ce qui, selon eux, en vaut la peine.






