Le 22 septembre 2025, Alphabet France et l’Ifop ont dévoilé leur neuvième baromètre consacré à la mobilité des actifs. L’étude montre que si la voiture demeure centrale dans les trajets domicile-travail, la place de la voiture électrique progresse nettement. Avec 14 % des conducteurs concernés, contre 11 % en 2024 et 9 % en 2023, l’électrification s’installe, portée par l’évolution des mentalités et par l’implication croissante des entreprises.
La voiture électrique gagne du terrain chez les actifs
En 2025, 14 % des automobilistes actifs utilisent une voiture électrique ou hybride, un chiffre en hausse de trois points en un an. Cette adoption reste toutefois inégale selon les territoires : 26 % en Île-de-France, contre seulement 8 % dans le Nord-Est. La moyenne nationale traduit donc une dynamique forte mais encore marquée par des écarts régionaux.
Au-delà de l’usage actuel, l’intention d’adopter la voiture électrique s’affirme. 52 % des répondants envisagent une motorisation électrifiée lors de leur prochain achat, contre 47 % en 2024. Ce basculement potentiel traduit une accélération des comportements et annonce une recomposition durable du paysage automobile.
Les motivations des utilisateurs d’électrique : économie, écologie, confort
Les atouts mis en avant par les conducteurs de voitures électriques sont multiples. En premier lieu, 55 % citent l’économie, confirmant l’idée d’un coût d’usage plus avantageux que pour le thermique. Même en recul par rapport aux 69 % de 2024, ce critère reste central. L’argument écologique progresse en revanche fortement : 45 % en 2025, contre 39 % l’année précédente. Enfin, le confort prend de l’importance, mentionné par 43 % des utilisateurs, et le silence par 28 % (contre 16 % en 2024).
Chez les conducteurs thermiques, les intentions rejoignent ces tendances : 57 % seraient séduits par le gain économique, 56 % par l’impact environnemental et 31 % par le silence de conduite. Plus d’un tiers (35 %) considèrent la voiture électrique comme l’avenir, et 21 % estiment qu’ils n’auront bientôt plus d’autre choix.
Quels sont les freins à l’achat d’une voiture électrique ?
Malgré cette progression, 68 % des conducteurs de véhicules thermiques déclarent ne pas être prêts à passer à l’électrique. Le coût d’achat reste le frein majeur, cité par 64 % des répondants. Pourtant, l’expérience des utilisateurs nuance ce constat : pour eux, l’argument économique est désormais le premier facteur de satisfaction.
L’autonomie est perçue comme une limite par 37 % des conducteurs, alors que la distance moyenne d’un trajet domicile-travail, 18 km, reste largement compatible avec les performances actuelles des batteries. Le temps de recharge inquiète 40 % des actifs, mais cette perception évolue avec l’essor des bornes rapides : au 31 août 2025, la France compte 177 000 bornes publiques (+21 % en un an), dont un nombre croissant en puissance 150 à 350 kW permettant une recharge en moins de 30 minutes.
Le manque de bornes est de moins en moins cité : 29 % en 2025, contre 40 % en 2024. De plus, près de 938 000 points de charge sont désormais installés en France, incluant des solutions en entreprise et à domicile. Enfin, le doute sur le bénéfice écologique recule : 42 % des conducteurs thermiques expriment encore des réserves, contre 49 % l’an dernier, preuve d’une meilleure information et d’une confiance croissante.
Le rôle décisif des entreprises dans la transition électrique
Les employeurs apparaissent comme des acteurs clefs de la transition vers la voiture électrique. Parmi les actifs bénéficiant d’un véhicule de fonction ou de service (10 %), 27 % roulent en électrique ou hybride, contre 21 % en 2024. La progression est significative, et s’accompagne d’un accès facilité à la recharge : 86 % des utilisateurs disposent d’une solution fournie par leur entreprise, qu’il s’agisse de bornes au bureau (62 %), à domicile (35 %) ou de cartes pour bornes publiques (25 %).
Au-delà de l’infrastructure, l’accompagnement humain se développe. 66 % des salariés équipés d’une voiture électrique déclarent avoir bénéficié d’une formation ou d’un support pour faciliter la transition : formation en présentiel ou en ligne (31 %), guides et tutoriels (48 %). Ce soutien pédagogique réduit les appréhensions et favorise une adoption plus fluide.






